mardi 31 mai 2016

Les ondes et les statistiques : comment instrumentaliser un supposé effet, et non comparable sur l'Homme ?

Le lien vers la préétude qu'une certaine presse cherche à monter en polémique par intérêt et faute d'analyse rigoureuse...:

Report of Partial Findings from the National
Toxicology Program Carcinogenesis Studies of Cell
Phone Radiofrequency Radiation in Hsd: Sprague
Dawley® SD rats (Whole Body Exposures)
http://biorxiv.org/content/early/2016/05/26/055699

Justifier ses angoisses liées aux nouvelles technologies est un travail de chaque jour...

Dès qu'une nouvelle étude sort, même si les tests sur les animaux ne montrent pas, bien au contraire, de surmortalité malgré d'énormes doses absorbées, on crie haut et fort : "le mobile donne le cancer ! C'est prouvé !" ;-)

Explication:

Malgré la classification du CIRC en 2B, la notion d’un risque cancérogène associé aux champs électriques et magnétiques comme ceux des portables s’est jusqu’alors heurtée à l’absence d’éléments de preuves sérieuses issues de l’expérimentation et l’opinion s’est apaisée. Les résultats d ’une expérimentation ultime du National Toxicology Program (NTP) étaient cependant attendus. Ces résultats viennent de tomber et identifient un risque de cancer du cerveau et de schwanomes cardiaques chez l’animal exposé depuis sa conception. Ce n’est sans doute pas extrapolable directement mais nous ne savons pas quel mécanisme est en jeu. Il est vraisemblable que certains vont en tirer des conclusions fort angoissantes sur les champs en général !

Alors, quelle doses ? Sont-elles comparables ou plus fortes ici que celles reçues dans vie courante ?

Question importante dans la mesure où un effet thermique pourrait-être évoqué à l'origine des observations. Dans l'expérimentation la ''dose'' (SAR) est donnée en W/Kg : de 1,5 à 6 watts par kg, ce qui est comparable à la ''dose'' absorbée dans un volume de 10 g de tissus exposés au niveau de l'oreille d'un portable chez l'homme. Il s'agit cependant chez l'animal d'une exposition corps entier, ce qui n'est pas comparable.

Rapporté aux champs des antennes dans lesquels nous sommes environnés par exemple on est très au dessus. Il reste qu'à ce niveau d'exposition il n'a pas été observé d'effets thermiques mesurables. Si le rapport était validé la notion d'un mécanisme cancérogène inconnu serait envisagée, ainsi que la demande de précaution naturellement justifiée dans de multiples situations d'expositions aux champs électriques et magnétiques.

Sachons ne pas conclure trop vite...

La probabilité de découvrir un nouvel effet semble infime, à fortiori de démontrer un quelconque effet sur l'Homme. Disons le...

S'il existe, le risque cancérogène est extrêmement faible et ne pose pas de problème majeur de santé publique, c'est en substance la réponse du 2ème extrait de l'article de Microwaves du 31 mai.

6W/kg sur quelque chose qui est essentiellement de l'eau (un coeur), cela fait +5°C par heure si la chaleur n'est pas évacuée. Bien sûr elle est évacuée, 
mais cela représente un stress sur le système de régulation de tout le 
corps, et cela peut avoir à la longue un effet hormonal.

De toutes façons c'est un effet global sur le corps et pas local. Pour ce qui est du cerveau humain, qui évacue de 
l'ordre de 20 watt, cela veut dire que les 
quelques 0.1 watts auquel on expose notre cerveau avec un portable sont 
négligeables vis-à-vis de l'exposition à laquelle sont soumis ces rats..

Ce qui est en jeu, à mon avis, c'est la nécessité de trouver une explication plausible aux faits observés, s'ils résistent à l'analyse critique. On se trouve face à la licorne du jardin de Maddox, celle qui témoignait de la mémoire de l'eau pour l'éditeur de ''Nature''...

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Annexe : Détails

Contrairement à ce que certains commentaires ont essayé d'accréditer, cette étude ne permet aucune conclusion quant à l'exposition au portable (ou aux antennes relais) qui délivrent une exposition bien différente.

En effet, tout le corps des rats est exposé, de manière homogène alors que l'exposition au portable concerne essentiellement la tête, ce qui permet à la vascularisation de maintenir la température des zones les plus exposées à une valeur pratiquement normale.

D'autre part, la puissance du rayonnement pour une exposition de l'ensemble du corps était, selon les groupes de 90 rats, de 1,5 ; 3 et 6 W/kg (en alternance de 10 minutes allumé/éteint...) alors que la réglementation limite dans ce cas l'exposition humaine à 0,08 W/kg, soit respectivement 18, 37 et 75 fois plus !

L'exposition des rats peut en revanche être comparée à celle des antennes relais lesquelles entrainent également une exposition homogène de tout le corps, qui ne dépasse pas 0,00016 W/kg pour 97% des antennes, soit respectivement 9 375, 18 750 et 37 500 fois moins que les rats pendant les périodes d'exposition..L'hypothèse d'effets "thermiques", liés au seul échauffement des animaux exposés à de tels niveaux, doit donc impérativement être étudiée. 

Globalement, les résultats de cette étude préliminaire sont fort étonnants et en contradiction avec des nombreuses études animales antérieures. Ils auraient mérité vérification avant de les publier, au risque de créer des frayeurs infondées. En effet,

-        les rats non exposés vivent moins longtemps que les rats exposés (les auteurs ne précisent pas pourquoi) ce qui entraine normalement une incidence plus grande des cancers, que les auteurs ont tenté de corriger de manière peu convaincante par un artifice statistique ;

-        seuls les rats mâles présentent significativement plus de tumeurs, au plus haut niveau d’exposition (6 W/kg), sans explication ;

-        les rats ne semblent pas avoir été autopsiés en insu du groupe auquel ils appartenaient, ce qui peut entrainer un biais ;

-        des faux positifs (résultats dus au simple hasard) sont possibles au vu du très faible nombre de cas observés par groupe et du nombre de tests (qui n'est pas précisé mais semble important, notamment pour les schwannomes).

mardi 22 mars 2016

Pourquoi nous devons plutôt "croire" la science. par Naomi Oreskes


Reproduction de la traduction de l'article en français :

http://www.ted.com/talks/naomi_oreskes_why_we_should_believe_in_science

Tous les jours nous faisons face à des problèmes comme le changement climatique ou la sécurité des vaccins pour lesquels nous devons répondre à des questions dont les réponses s'appuient fortement sur l'information scientifique. Les chercheurs nous disent que le monde se réchauffe. Les chercheurs nous disent que les vaccins sont sûrs. Mais comment savoir s'ils ont raison ? Pourquoi devrions-nous croire en la science ? Le fait est, qu'en réalité, beaucoup d'entre nous ne croient pas en la science. Les sondages d'opinion publique montrent sans cesse qu'un pourcentage significatif de la population américaine ne croit pas que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines, ne croit pas qu'il y a évolution par sélection naturelle, et n'est pas convaincu par la sécurité de la vaccination.

Pourquoi devrions nous croire en la science ? Eh bien, les chercheurs n'aiment pas parler de la science comme d'une croyance. En fait, ils opposeraient plutôt la science et la foi, et diraient que la croyance est du domaine de la foi. Et que la foi est une chose distincte et séparée de la science. En effet, ils diraient que la religion est fondée sur la foi ou peut-être sur les calculs du pari de Pascal. Blaise Pascal était un mathématicien du dix-septième siècle qui a essayé d'apporter un raisonnement scientifique à la question de savoir si l'on devait ou non croire en Dieu, et son pari était le suivant : Eh bien, si Dieu n'existe pas mais que je décide de croire en lui on ne perd pas grand chose. Peut-être quelques heures le dimanche. (Rires) Mais s'il existe et que je ne crois pas en lui, alors j'ai de gros problèmes.Et donc Pascal a dit que nous ferions mieux de croire en Dieu. Ou comme le disait un de mes professeurs d'université, « Il s'agrippait à la rampe de la foi. » Il a fait cet acte de foi en laissant la science et le rationalisme derrière.

Le fait est que, pour la plupart d'entre nous,

La plupart des allégations scientifiques sont des actes de foi. Dans la plupart des cas, nous ne sommes pas en mesure de juger les allégations scientifiques par nous-mêmes. Et en effet, c'est vrai pour la plupart des scientifiques en dehors de leur propre spécialité. Donc si on y réfléchit, un géologue ne peut pas vous dire si un vaccin est sûr. La plupart des chimistes ne sont pas experts en théorie de l'évolution. Un physicien ne peut pas vous dire, malgré les affirmations de certains d'entre eux, si oui ou non, le tabac provoque des cancers. Donc, même si les scientifiques eux-mêmes doivent faire un acte de foi en dehors de leurs propres domaines, alors pourquoi acceptent-ils les affirmations des autres scientifiques ? Pourquoi croient-ils les affirmations des autres ? Et pourquoi devrions-nous croire ces affirmations ?

Ce que je voudrais défendre c'est que oui, nous devrions mais pas pour la raison à laquelle la plupart d'entre nous pensent. La plupart d'entre nous ont appris à l'école que la raison pour laquelle nous devrions croire en la science est la méthode scientifique. On nous a enseigné que les scientifiques suivent une méthode et que c'est cette méthode qui garantit la vérité de leurs affirmations. La méthode que la plupart d'entre nous ont apprise à l'école, qu'on peut appeler la méthode classique, est la méthode de la déduction hypothétique. Selon le modèle standard, le modèle classique, les scientifiques développent des hypothèses, ils déduisent des conséquences de ces hypothèses, et ensuite ils vont dans le monde et disent, « OK, est-ce que ces conséquences sont vraies ? » Peut-on les observer dans le monde naturel ? Et s'ils ont raison, les scientifiques disent,« Génial, nous savons que cette hypothèse est vérifiée. »

Il y a donc de nombreux exemples célèbres dans l'histoire de la science où des scientifiques ont agi exactement ainsi. Un des exemples les plus célèbres est issu du travail d'Albert Einstein.Quand Einstein a développé la théorie de la relativité générale, une des conséquences de sa théorie était que l'espace-temps n'était pas uniquement une coquille vide mais qu'il avait, en fait, un tissu. Et que ce tissu était courbé en présence d'objets massifs comme le soleil. Donc si cette théorie était vraie, ça signifiait alors que la lumière, quand elle passait au niveau du soleil, elle devrait en fait se courber autour de lui. C'était une prédiction plutôt surprenante et ça a pris quelques années avant que les scientifiques ne soient capables de la tester mais ils l'ont fait en 1919, et il s'est avéré que c'était vrai. La lumière des étoiles se courbe bien lorsqu'elle passe autour du soleil.C'était une confirmation énorme de la théorie. Ce fut considéré comme une preuve de la vérité de cette nouvelle idée radicale, et ce fut écrit dans de nombreux journaux dans le monde.

Maintenant, parfois cette théorie ou ce modèle est utilisée comme référence du modèle déductif-nomologique, surtout parce que les universitaires aiment compliquer les choses. Mais aussi parce que dans le cas idéal, il s'agit de lois. Donc nomologique signifie que ça concerne les lois. Et dans le cas idéal, l'hypothèse n'est pas juste une idée : idéalement, c'est une loi de la nature. Pourquoi est-ce que ça compte que ce soit une loi de la nature ? Parce que si c'est une loi, on ne peut pas la briser. Si c'est une loi, alors ce sera toujours vrai partout et n'importe quand, quelles que soient les circonstances. Vous connaissez tous au moins un exemple de cette fameuse loi : la célèbre équation d'Einstein, E=mc², qui nous dit quelle est la relation entre l'énergie et la masse. Cette relation est vraie quoi qu'il arrive.

Maintenant, il s'avère qu'il y a plusieurs problèmes avec ce modèle. Le principal problème est qu'il est faux. Ce n'est tout simplement pas vrai. (Rires) Je vais vous parler des trois raisons pour lesquelles c'est faux. La première raison est une raison logique. C'est le problème de l'illusion d'affirmer le conséquent. C'est une autre façon fantaisiste et académique de dire que de fausses théories peuvent faire de vraies prédictions. Donc, simplement parce qu'une prédiction est vraie ça ne prouve pas de manière logique que la théorie est correcte. J'ai aussi un bon exemple de ça, encore issu de l'histoire de la science. C'est une image de l'univers Ptolémaïque avec la Terre au centre de l'univers et le soleil et les planètes autour. Le géocentrisme était considéré comme vrai par de nombreuses personnes très intelligentes pendant de nombreux siècles. Pourquoi ? Eh bien, la réponse est parce qu'il est constitué de nombreuses prédictions qui se sont avérées vraies. Le géocentrisme a permis aux astronomes de faire des prédictions précises sur les mouvements de la planète, en fait, plus précises au départ, que la théorie de Copernic que nous savons désormais vraie. C'est donc l'un des problèmes avec le modèle classique. Un deuxième problème est un problème pratique, c'est le problème des hypothèses auxiliaires. Les hypothèses auxiliaires sont des suppositions que les scientifiques font en étant conscients ou non de les faire. Un exemple important vient du modèle de Copernic, qui a finalement remplacé le système de Ptolémée. Lorsque Nicolas Copernic a dit, en fait la Terre n'est pas le centre de l'univers, le Soleil est le centre du système solaire, et la Terre se déplace autour du Soleil. Les scientifiques ont dit, bon OK Nicolas, si c'est vrai nous devrions être capable de détecter les mouvements de la Terre autour du Soleil. Et donc cette diapositive ici illustre un concept connu comme le parallaxe solaire. Les astronomes disaient que si la Terre se déplace et que l'on regarde une étoile connue, disons, Sirius -- bon je sais qu'on est à Manhattan et que vous ne pouvez pas voir les étoiles, mais imaginez que vous êtes dans la campagne, que vous avez choisi une vie rurale -- on regarde une étoile en Décembre, on voit cette étoile dans le contexte des étoiles éloignées. Si maintenant on fait la même observation six mois plus tard lorsque la Terre a bougé de sa position en Juin, on regarde la même étoile et on la voit dans un contexte différent. Cette différence, cette différence angulaire, c'est le parallaxe solaire. C'est donc une prédiction que fait le modèle de Copernic. Les astronomes ont cherché le parallaxe solaire et n'ont rien trouvé, absolument rien. Et de nombreuses personnes ont soutenu que ça prouvait que le modèle de Copernic était faux.

Donc que s'est-il passé ? Avec du recul, on peut dire que les astronomes faisaient deux hypothèses auxiliaires, dont on dirait maintenant qu'elles étaient incorrectes toutes les deux. La première hypothèse concerne la taille de l'orbite de la Terre. Les astronomes supposaient que l'orbite de la Terre était plus grande que la distance avec les étoiles. Aujourd'hui, on dessinerait plutôt une image comme ceci, ça provient de la NASA, et vous voyez que l'orbite de la Terre est en fait plutôt petite. En fait, elle est même bien plus petite que ce que l'on montre ici. Par conséquent, le parallaxe solaire, est très petit et en fait très difficile à détecter.

Et ça mène à la deuxième raison pour laquelle la prédiction ne fonctionnait pas, parce que les scientifiques faisaient aussi l'hypothèse que leurs télescopes étaient suffisamment sensibles pour détecter le parallaxe. Il s'est avéré que ce n'était pas vrai. Ce n'est qu'au dix-neuvième siècle que les scientifiques ont été capables de détecter le parallaxe solaire.

Il y a aussi un troisième problème. Le troisième problème est un problème factuel, Le modèle classique ne correspond pas à de nombreuses sciences. 

De nombreuses sciences ne sont pas du tout déductives, elles sont en fait inductives. Je veux dire par là, que les scientifiques ne commencent pas nécessairement par les théories et les hypothèses, souvent ils débutent par des observations de choses qui se passent dans le monde. L'un des exemples les plus célèbres est celui du scientifique le plus célèbre ayant existé, Charles Darwin. Lorsque Darwin, alors jeune homme, a embarqué sur le Beagle, il n'avait pas d'hypothèse, il n'avait pas de théorie. Il savait simplement qu'il voulait avoir une carrière de scientifique et il a commencé à collecter des informations. Il savait qu'il détestait la médecine parce que la vue du sang le rendait malade donc il devait trouver une carrière alternative. Donc il a commencé à collecter des données. Il a collecté de nombreuses choses, notamment ces célèbres pinsons. Lorsqu'il collectait ces pinsons, il les jetait dans un sac et n'avait aucune idée de ce que ça signifiait. Des années plus tard, de retour à Londres, Darwin a de nouveau observé ses données et a commencé à développer une explication, et cette explication, c'était la théorie de la sélection naturelle.

En plus de la science inductive, les scientifiques utilisent aussi souvent la modélisation. Une des choses que les scientifiques veulent faire dans la vie c'est expliquer les raisons des choses. Comment fait-on ça ? Eh bien, une des manières de le faire c'est de construire un modèle qui teste cette idée.

Voilà une photo d'Henry Cadell, qui était un géologue écossais du dix-neuvième siècle. On peut dire qu'il est Écossais parce qu'il porte une casquette à la Sherlock Holmes et des bottes en caoutchouc. (Rires) Cadell voulait répondre à la question suivante : comment se forment les montagnes ? Une des choses qu'il a observées c'est que si vous regardez des montagnes comme les Appalaches, vous remarquerez souvent que les roches sont pliées, et elles sont pliées d'une façon particulière, qui lui suggéra qu'elles étaient en fait comprimées par le côté. Cette idée jouera plus tard un rôle majeur dans les discussions sur la dérive des continents. Donc il a construit ce modèle, cette machine démente avec des leviers et du bois, et voilà sa brouette, des seaux, un gros marteau de forgeron. Je ne sais pas pourquoi il a des bottes en caoutchouc. Peut-être qu'il va pleuvoir. Il a créé ce modèle physique pour montrer que l'on pouvait, en fait, créer des motifs dans les roches, ou au moins, dans ce cas, dans la boue, qui ressemblent beaucoup aux montagnes si on les compresse sur le côté. C'était un argument sur l'origine des montagnes.

De nos jours, la plupart des scientifiques préfèrent travailler à l'intérieur, donc ils ne construisent plus tellement de modèles physiques mais plutôt des simulations sur ordinateur. Mais une simulation sur ordinateur est une sorte de modèle. C'est un modèle construit à partir de mathématiques, et comme les modèles physiques du dix-neuvième siècle, c'est très important pour réfléchir aux causes. Donc l'une des grandes questions liées au changement climatique, nous avons des quantités énormes de preuves que la Terre se réchauffe. Sur cette diapositive, la ligne noire montre les mesures que les scientifiques ont prises durant les 150 dernières années montrant que la température de la Terre a constamment augmenté, et l'on peut voir qu'en particulier que durant les 50 dernières années il y a eu une augmentation spectaculaire de presque un degré centigrade, ou presque deux degrés Fahrenheit.

Quelle est la cause de ce changement ? Comment peut-on savoir ce qui provoque ce réchauffement constaté ? Eh bien, les scientifiques peuvent le modéliser en utilisant une simulation informatique. Donc ce diagramme illustre la simulation informatique qui a observé tous les différents facteurs que nous connaissons comme influençant le climat de la Terre, les particules de sulfate de la pollution atmosphérique, les poussières volcaniques issues des éruptions, les changements de radiation solaire, et bien sûr, les gaz à effet de serre. Ils se sont posé la question : quel jeu de variables utilisé dans un modèle reproduirait ce que l'on voit réellement dans la vraie vie ? Donc ici, voici la vraie vie en noir. Voici le modèle en gris clair, et la réponse est un modèle qui inclut, c'est la réponse E sur ce QCM, toutes les propositions ci-dessus. La seule façon de reproduire les mesures de température observées, c'est en associant tous ces éléments, y compris les gaz à effet de serre, et, en particulier, vous pouvez voir que l'augmentation des gaz à effet de serre, cette augmentation très importante de la température au cours des 50 dernières années. Voilà pourquoi les spécialistes du changement climatique disent que nous ne savons pas juste que le réchauffement climatique existe, nous savons que les gaz à effet de serre en sont majoritairement responsables.

Donc, parce qu'il y a toutes ces choses que font les scientifiques, le philosophe Paul Feyerabend a fait cette célèbre citation : « Le seul principe en sciences qui n'inhibe pas le progrès est : tout est bon. » Cette citation a souvent été sortie de son contexte, parce que Feyerabend ne disait pas vraiment que tout est bon dans les sciences. Ce qu'il disait c'est, la citation complète est, « Si vous me demandez de dire ce qu'est la méthode scientifique, je devrais dire : tout est bon. » Ce qu'il voulait dire, c'est que les scientifiques font beaucoup de choses différentes. Les scientifiques sont créatifs.

Mais ça pose la question suivante en retour : si les scientifiques n'utilisent pas une seule méthode,alors comment décident-ils ce qui est vrai et ce qui est faux ? Et qui juge ? Et la réponse est que, les scientifiques jugent, et ils jugent en jugeant les preuves. Les scientifiques collectent des preuves de différentes manières, mais peu importe la façon dont ils les collectent, ils doivent les soumettre à un examen approfondi. Cela a amené le sociologue Robert Merton à se concentrer sur la façon dont les scientifiques analysent les données et les preuves, et il a déclaré qu'ils le faisaient avec une méthode appelée : « un scepticisme organisé ». Il considérait ça comme organisé parce qu'ils le font collectivement, ils le font en groupe, et le scepticisme, c'est parce qu'ils se placent en position de méfiance. Ça signifie, que la charge de la preuve incombe à la personne qui a une nouvelle affirmation. Et en ce sens, la science est intrinsèquement conservatrice. Il est très difficile de persuader la communauté scientifique de dire : « Oui, nous savons quelque chose, ceci est vrai. »Donc malgré la popularité du concept de changement de paradigme, ce que l'on voit c'est qu'en fait, les changements majeurs dans la pensée scientifique sont relativement rares dans l'histoire de la science.

Ce qui nous amène finalement à une idée supplémentaire : si les scientifiques jugent les preuves collectivement, les historiens se sont donc intéressés à la question du consensus, et peuvent dire finalement ce qu'est la science, ce qu'est la connaissance scientifique : c'est le consensus parmi les experts scientifiques qui, grâce à ce processus d'examen approfondi, d'étude collective, ont jugé les preuves et en ont tiré une conclusion, soit oui, soit non.

On peut donc considérer la connaissance scientifique comme un consensus d'experts. On peut aussi considérer la science comme étant une sorte de jury, sauf que c'est un jury vraiment spécial. Ce n'est pas un jury de vos pairs, c'est un jury de geeks. C'est un jury d'hommes et de femmes avec des doctorats, et à la différence des jurys conventionnels, qui n'ont que deux choix, coupable ou non coupable, le jury scientifique a, en fait, de nombreux choix. Les scientifiques peuvent dire oui, c'est vrai. Les scientifiques peuvent dire non, c'est faux. Ou bien, ils peuvent dire, eh bien ça pourrait être vrai mais nous avons besoin de travailler plus et de rassembler plus de preuves. Ou, ils peuvent dire que ça pourrait être vrai, mais que nous ne savons pas comment répondre à la question et que nous allons la mettre de côté et peut-être y revenir plus tard. C'est ce que les scientifiques appellent « insoluble ».

Mais cela nous amène à un ultime problème : si la science est ce que les scientifiques en disent, alors n'est-ce pas simplement faire appel à l'autorité ? Est-ce qu'on ne nous enseigne pas à l'école que faire appel à l'autorité est une logique fallacieuse ? Eh bien, voilà le paradoxe de la science moderne, le paradoxe de la conclusion, à laquelle, je pense, les historiens, les philosophes et les sociologues sont arrivés ; qu'en fait la science est un appel à l'autorité mais il ne s'agit pas de l'autorité d'un individu, quelle que soit l'intelligence de cet individu, comme Platon, Socrate ou Einstein. C'est l'autorité de la communauté dans son ensemble. Vous pouvez y penser comme une sorte de sagesse de la foule, mais une foule très spéciale. La science fait appel à l'autorité, mais ne se base pas sur n'importe quel individu, quelle que soit l'intelligence de l'individu. Elle se base sur la sagesse collective, la connaissance collective, le travail collectif de tous les scientifiques qui ont travaillé sur un problème particulier. Les scientifiques ont une sorte de culture de la méfiance collective cette culture du « Montre-moi », illustrée par cette belle femme ici montrant à ses collègues ses preuves. Bien sûr, ces gens ne ressemblent pas vraiment à des scientifiques, parce qu'ils sont trop heureux. (Rires)

OK, ça m'amène à mon dernier point. La plupart d'entre nous se lèvent le matin. La plupart d'entre nous font confiance à nos voitures. Voyons, je me dis, je suis à Manhattan, c'est une mauvaise analogie, mais la plupart des Américains qui ne vivent pas à Manhattan se lèvent le matin et montent dans leurs voitures, mettent le contact et leurs voitures fonctionnent, et elles fonctionnent incroyablement  5/5
bien.
L'automobile moderne tombe rarement en panne.

Comment ça se fait ? Pourquoi les voitures fonctionnent-elles si bien ? Ce n'est pas grâce aux génies comme Henry Ford, Karl Benz ou même Elon Musk. C'est parce que la voiture moderne est le produit de plus de 100 ans de travail de centaines, de milliers, de dizaines de milliers de personnes. La voiture moderne est le produit d'un travail de collecte de sagesse et d'expérience de chaque homme et femme qui a travaillé à un moment sur une voiture, et la fiabilité de cette technologie est le résultat de cet effort accumulé. Nous ne profitons pas uniquement du génie de Benz, Ford et Musk mais de l'intelligence collective et du dur labeur de toutes les personnes qui ont travaillé sur la voiture moderne. La même chose est vraie pour la science, sauf que la science est même plus ancienne. La base de la confiance dans les sciences est la même que la base de la confiance dans les technologies, et la même que la base pour croire en n'importe quoi, à savoir, l'expérience.

Mais nous ne devrions pas faire confiance aveuglement, tout comme nous ne devrions pas croire aveuglement en quoi que ce soit. Notre confiance en la science, comme la science elle-même, devrait être fondée sur les preuves, et ça signifie que les scientifiques doivent devenir de meilleurs communicants. Ils doivent nous expliquer non seulement ce qu'ils savent mais comment ils le savent, et ça implique que l'on devienne de meilleurs auditeurs.

Merci beaucoup.

mardi 1 mars 2016

Pesticides : entre obsédés de la virginité et Monsanto, point de salut ?


Dans une démarche presque religieuse, Stephane Foucart du Monde poursuit son œuvre anxiogène de dénonciation sans nuance du monde contemporain.

Voir l'article ici (pour abonnés, disponible sur demande): http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2016/02/29/maudits-97_4873354_3244.html


En résumé :
Quand la nature n'est pas "vierge", elle mérite notre couroux...

Corporatiste en traitant de "haineuse la confraternité" de Libération (***) à l'encontre de Cash Investigation de France 2, notre zélé journaliste, stigmatise sans nuance toute tentative d'analyse critique au sein de la profession. Pourtant le ton de Libération est tout à fait respectueux. Alors, qu'est ce qui le dérange tant ?
Ces controverses scientifiques sont pourtant le cœur de la déontologie journalistique, et cette "haine" semble être celle qu'il porte dans sa véritable croisade contre les hérétiques (pourtant scientifiques, mais forcément tous complices des lobbies), ceux qui tentent en fait d'améliorer le sort de l'humanité, alors qu'une saine confrontation eut suffit.
Les jugements moraux ne devraient pas faire partie du vocabulaire de l'ex journal de référence.
En effet, culpabiliser ses confrères, n'est pas la plus belle manière de débattre sereinement sur le fond.

Quant à sa technique, elle est bien connue : si on cherche vraiment une molécule, on la trouve : les méthodes de dosage ont fait des progrès extraordinaires, et le nombre d'Avogadro (*) est bien grand (6 * 10^23 !).

Vient ensuite l'habituel couplet sur les "dangers des faibles doses".

Comme l'explique pourtant bien ici dans un autre domaine The Conversation (**), "Les perturbateurs endocriniens sont des milliers à des millions de fois moins oestrogéniques que le 17 beta-estradiol que synthétise notre organisme".

Idem pour les pesticides : les très faibles doses ont un bilan bénéfice / risque excellent si on n'abuse pas des doses. La profession s'y attèle. Et les efforts conjoints de toute la société humaine pour les limiter sont précieux. Bien sûr, les tendances à la facilité de l' industrie sont à surveiller sans relache. Donc enfonçons le clou sans mentir.

Mais, pour lui, il semble évident que les personnes du genre d'Elise Lucet ne sont pas "alarmistes", et on a simplement une "science obsolète"...

Toujours la manipulation des mêmes peurs, sans nuance.

Pour lui, " la communication de l’EFSA relève donc [...] de la supercherie"...
Simplement parce qu'elle ne peut quantifier ce qui n'est pas quantifiable.

Il accuse le Politique de renoncer à une "limite de détection qui peut être
jusqu’à cent fois inférieure à celle des méthodes actuelles multirésidu". Mais pourquoi dépenser des millions quand d'autres priorités priment ?

Reconnaissons-le. Notre société contemporaine perd son bon sens. Pourtant le merit order des investissements doit rester notre boussole. Ce n'est ni la croissance, ni la décroissance qu'il faut rechercher, mais l'efficience croissante. On n'en prend pas assez le chemin.

Conclusion 

Habité par les biais qu'il dénonce, S. Foucart voudrait que "Rien devienne quelque chose".

Voir aussi notre article :
"Désaccord avec Le Monde sur leur ligne éditoriale en matière d'information du public sur les sujets de société touchant aux sciences". http://presseantiscientifique.blogspot.com/2015/10/desaccord-avec-monde-sur-leur-ligne.html

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Ajouts le 4/03/2016: Des arguments supplémentaires essentiels sont parus ici :

http://imposteurs.over-blog.com/2016/03/pesticides-quand-france-2-intoxique-a-hautes-doses-par-jerome-quirant.html 

http://www.agriculture-environnement.fr/a-la-une/cash-trash-investigation-pesticides

dimanche 3 janvier 2016

La technologie électrique de l'internet via CPL (Linky) fait aussi peur que le téléphone en 1900...?

Pour une fois la presse est quasi unanime, saluons donc le peu de course à l'audience sur un sujet grand public.

Donc rassurons nos rares contemporains paradoxalement gagnés par la peur dans un monde occidental où les dangers ont presque disparu vu l'espérance de vie :

Les infimes ondes électriques "cpl" utilisées par le nouveau compteur Linky de ERDF pour échanger des données avec d'autres appareils électriques, évitant ainsi un mode "sans fil", existent mais ne sont absolument pas dangereuses. (Courants Porteurs en Ligne Cf. Wikipedia https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Courants_porteurs_en_ligne) 

Mais faute de culture scientifique, vu les progrès rapides de la révolution numérique, la rumeur urbaine se propage chez ceux qui soupçonnent les sachants de leur cacher quelque chose ou d'agir à la légère sans solide base scientifique.

En effet, ne pas saisir le sens véhiculé par la vertueuse prudence oratoire des affirmations scientifiques conduit à un contre-sens. 

Ce n'est pas parce qu'il est dit par la science que "les ondes sont possiblement cancérigènes" que cela confirme en rien la probabilité qu'elles le soient substanciellement, et surtout un niveau de dose actuel. L'humilité scientifique l'honore et assure sa crédibilité. Ne l'instrumentations pas. 

L'absence de loi de LSS (loi de linéarité sans seuil, admise aujourd'hui suite aux innombrables expérimentations, même si pas encore transctite dans les lois vu la défiance répendue des citoyens) nous rappelle que l'organisme gère proportionnellement bien mieux les faibles doses que les fortes.

D'évidence une partie grandissante de la population s'y interesse mais ne peut suivre avec rigueur l'actualité sanitaire du progrès technique. Elle surréagot donc. Et étant donné que les médias peinent à convaincre vu leur déontologie souvent démonétisée, la paranoïa ambiante fait le reste. 

Extrapolant un peu vite que "lobbies du tabac et laxisme de l'amiante" implique incurie probable des organismes sanitaires publics, beauvoup supposent que les lobbies font souvent la loi. 

Pourtant on a jamais été aussi précautionniste...!, quitte à ralentir l'innovation et multiplier le chômage actuel. Ceci vu les nombreux abus dans la normalisation contemporaine.

Car rappelons qu'en science : "Tout est dans la dose."

Or ces "ondes" sont beaucoup moins dangereuses que celle de nos mobiles, elles-même non délétères à doses courantes.

En effet [extrait sur internet] leur fréquence est beaucoup plus basse (sans être de la "basse fréquence" toutefois) : vers les 30 mhz au lieu 1000 mhz pour le gsm et 2400 mhz pour le wifi.

Et la puissance du gsm est beaucoup plus grande que le cpl ou le wifi : 2 W au lieu de 0,1 W

Citation:
"Quand un récepteur stéréo émet des ondes électromagnétiques avoisinant les 180 V/m à 30 cm de distance (selon l’OMS), les ondes émises par Linky à une distance de 50 cm à 1 m atteignent à peine les 0,4 V/m." (JOL)


Pour parvenir à produire une quelconque nocivité, il faudrait un facteur multiplicateur gigantesque. 

Même l'effet cocktail en est incapable et de loin. Mais l'autosuggestion est un puissant syndrome humain. Anecdote : Depuis que j'ai réalisé que m'a box wifi est là, j'ai des picotements dans les pieds !

Ce qu'on oublie un peu vite , c'est que depuis 200 millions d'années, notre ADN a tout à fait eu le temps de s'adapter à la nature. Rayonnements solaires, électricité statique, radioactivité naturelle, notre système immunitaire est le gardien de notre santé, sans lequel la mort serait très rapide. Il est même déprimé quand une trop faible quantité de rayonnement vient le frapper. (Effet hormesis). La planete ayant décru en radioactivité.

Rappelons que dans le courant électrique il y a deja des ondes alors si on y déploie du cpl ça ne change pas grand chose... Et pour remarque, le cpl est bien plus vieux que le wifi: 

la première application a été faite en 1950... Donc recul il y a déjà.

De toutes façons nous sommes dans un univers électromagnétique constant (radio, télécommandes, téléphones, télévision Sattelites etc..) et le seul moyen d'y couper ce serait de couper l'électricité... ou il faudrait vivre dans une cage de Faraday installée dans un bunker enterrer à plusieurs mètres (ou km) de profondeur pour se soustraire à tous les rayonnements cosmiques qui nous bombardent. 

Il faudrait aussi demander au Bon Dieu d'éteindre cette grosse lampe qu'on appelle "Soleil" et qui n'est pas le dernier à émettre des rayonnements en tous genres...

Le soleil émet des rayonnements sur à peu près toutes les fréquences, heureusement la plupart sont arrêtées par notre atmosphère, 
mais une partie de ceux qui arrivent au sol (UV par exemple) ont un effet dévastateur sur la peau bien plus énorme que tous les wifi et téléphones sans fil du monde.

Alors au lieu de prêter un quelconque crédit à des vidéos sur internet comme celle-ci http://youtu.be/-T7_b0fnc90 manifestement complotiste et manipulatoire, apprenons à raisonner en instruisant ces questions avec des sachants et fondons nos opinions sur des faits établis par les pairs, et non sur des intuitions sophistes ? 


En conclusion: citons notre article précédent sur les faibles doses radioactives :
http://presseantiscientifique.blogspot.com/2015/08/faibles-doses-radioactives-instiller-le.html

Comme le rappelle un de nos grands scientifiques :

"Même si on peut prétendre que 

« L’absence d’évidence n’implique pas l’évidence d’absence »,

on ne fait jamais de choix seulement sur des données absolues, mais uniquement sur des données probabilistes.

Ne pas observer un phénomène accroit de façon calculable la probabilité qu’il n’existe pas."

Quant aux autres questions relatives aux CPL comme la confidentialité ou l'ingérence dans notre liberté de consommer, elles paraissent, elles, pertinentes et méritent débat :

- nous inondons volontairement internet de données de notre vie privée. Comment se plaindre de leur collecte par un service public ? Pour autant, ERDF ne devra subir aucune faille dans le cryptage de ses données.

- si nous prônons le déploiement en masse d'énergies renouvelables intermittentes sans autoconsommation donc non matures car peu pilotables, il faut accepter de pénibles conséquences dans notre quotidien : des coupures et renchérissements dictés par le réseau au travers de ce cheval de Troie que constitue le compteur Linky. Ceci uniquement du fait du vote de la LTECV : la déplorable Loi pour la Transition Energétique pour la Croissance Verte qui fait miroiter prématurément 23% d'EnR en 2025 quand le solaire PV ne représente que 1% et l'éolien 4% (ENR: 13% au total actuellement de l'électricité). Cela ne nous parait pas vertueux car augmenter concomitamment le gaz en backup réduirait le niveaux actuel de 95% d'électricité décarbonée .

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ANNEXES: Quelques articles de presse :

http://www.jolpress.com/linky-faut-il-avoir-peur-du-compteur-intelligent-article-832259.html


http://24heuresactu.com/2015/12/18/les-compteurs-linky-cristallisent-toutes-les-paranoias/

Exemple de sondage non justifié :
https://www.change.org/p/ministre-de-l-%25C3%25A9cologie-du-d%25C3%25A9veloppement-durable-et-de-l-%25C3%25A9nergie-ministre-des-affaires-sociales-de-la-sant%25C3%25A9-et-des-droits-des-femmes-philippe-monloubou-pr%25C3%25A9sident-du-directoire-erdf-abandon-du-compteur-linky

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Quelques références sur le sujet des ondes :

Électro-hypersensibilité : L'association « Que Choisir ? » dénonce le jeu trouble des associations :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2397

Électrohypersensibilité - Désinformation et emballement médiatique autour d’une décision de justice
par Jean-Paul Krivine
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2543

Panique ondulatoire dans les médias
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article941

vendredi 20 novembre 2015

Améliorer ses capacités de lucidité critique : nous apprend-on à mieux penser ?

L'information accessible est abimée par l'absence de quete de sens.

Nombre d'articles se contentent de rediffuser sans aucune distance critique. Quand ce n'est pas après avoir effectué un tri soigneux entrainant un mensonge par omission.

Les mots sont le plus souvent détournés de leur sens véritable et asservis tel que Orwell nous en avait mis en garde. La société est comme un individu névrosé, décentré, qui souffre et se ment à lui-même.

Les biais cognitifs (*) font le reste et bien peu est fait pour faire respecter l'honneteté intellectuelle.

Nous aide-t-on à apprendre à penser ?
Bien peu.

Proposez vos idées pour progresser collectivement ? Par exemple :


Ethique de comportement dans mon quotidien de citoyen :

1 Je ne prends pas pour argent comptant une affirmation, un chiffre, j'instruis systématiquement à décharge. Le numérique me le permet désormais.

2 Je replace un fait dans sa globalité, quitte à réaliser que c'est l'inverse qui peut etre vrai. (pensée systémique)

3 Maintenant que j'ai acquis un peu de savoir, je garde à l'esprit que je sais peu. Je n'affirme pas mais je questionne. Mais mon humilité ne m'entraine pas pour autant à douter de tout, comme un complot généralisé. Je recherche la nuance hors de la pensée binaire occidentale et de l'hubris.

4 On ne parle jamais mieux inconsciemment que de ce qu'on est. Je m'attache donc à être congruent plutôt qu'à émettre des incantations envers le "nous devrions" et sur ce que je n'arrive pas à être moi-même.

5 Le budget de l'Etat est notre ressource commune, au coté du bénévolat. Son affectation doit être strictement proportionnelle aux mérites attendus, entre court et long terme, dans l'intéret général.

6 Tout est dans la dose : un danger peut paraitre dramatique et n'être en fait que négligeable. La peur ne doit plus me gouverner, et je dois hiérarchiser rigoureusement les réels périls et en déduire mes actes, guidé par la science.

7 Je règle mon optimisme en fonction des plus démunis plutôt qu'aux plus nantis. Je me donne les moyens d'obtenir ce que souhaite; ce que je ne peux changer je l'accepte. Et je renonce au contrôle excessif des événements. L'empathie me garde des excès

8 Ne pas choisir c'est aussi choisir. La vie suppose le changement, l'immobilisme entraine l'usure par "frottement" grandissant avec le réel. La paresse et l'ignorance conduisent à la souffrance.
La démocratie doit se définir des devoirs.

9 L'émancipation collective suppose l'assertivité individuelle.
Le stop and go politique empêchant l'efficience, un récit national doit nous permettre de vivre notre identité et fonder les conditions de soutenabilité de notre société.

10 L'amour reste la valeur centrale. Et l'irrationnel doit être respecté, avoir sa place comme composante humaine nécessaire. Sans compromettre l'émancipation en marche.

jeudi 12 novembre 2015

Pour faire de l'audience, le journaliste doit il publier sans instruire scientifiquement son sujet ? L'exemple du kite-surf...

http://www.franceinter.fr/emission-planete-environnement-le-vent-nouveau-carburant-du-trafic-maritime 



Nathalie Fontrel a vanté l’émergence dans certains esprits de contribuer à la propulsion des grands navires par des voiles de kite surf.

Ceci en apportant comme caution que le projet  "Beyond the sea" est  labellisé Cop 21, soutenu par l'Ademe et par le troisième transporteur maritime de la planète. 

Question : est-ce au journaliste de vérifier le caractère scientifique de ses publications en comparant une thèse auprès de ses contradicteurs ? 

Nous pensons que oui. 

Sinon:
- le greenwashing se répand
- le public croit pouvoir se passer des seules solutions qui fonctionnent et ne vote plus pour les politiques qui parvienne à sortir la France de la crise mais pour "ceux qui rasent gratis": les extremes politiques et vertes en général et les autres  peu courageux qui leur courent après.

Mais la tentation est trop grande de publier un joli conte, et tant pis si on décervele l'électeur hésitant et peu au fait des enjeux.


Réaction à la chronique concernant la possibilité d’équiper les navires marchands de voiles et de contribuer ainsi à réduire substantiellement leur consommation de produits pétrolier par un ingénieur du Génie Maritime :

Cette chronique contient plusieurs erreurs de première grandeur qui font conclure que ce genre de propos relève de l’utopie toute pure :

Un point de détail tout d’abord : vous faites référence à un voyage d’un tanker de 60 000 tonnes de Paris à New York ce qui n’a manifestement aucun sens. Je ne vois pas comment un tel navire pourrait descendre la Seine après avoir réussi l’exploit de la remonter. Vous auriez pu choisir le Havre pour rester concrète et dans le domaine du possible.

Ensuite - et c’est un point plus substantiel - les voiles et encore plus celles de type kite surf fonctionnent bien vent de travers, assez mal vent arrière, et pas du tout lorsqu’il faut remonter le vent. Sur le trajet Le Havre New York, qui était votre exemple, en prenant la route directe de l’orthodromie (c’est ce que font tous les navires pour minimiser la distance à parcourir ) on est assuré, statistiquement parlant, d’avoir des vents venant de face et donc inutilisables pour une voile de type kite. Je ne vois donc pas comment la consommation de carburant d’un tel navire peut être réduite de 20% de ce fait. 
la rencontre de vents contraires ou utilisables mais faibles fait qu’un qu’une propulsion à la voile est inutilisable si - et c’est le cas - on privilégie le temps de parcours et non pas d’aller - pour le parcours Le Havre New York que vous avez considéré - prendre la route des alizés où les voiles pourraient fonctionner. C’est la raison qui a fait que les navires à voiles ont été éliminés du mode de propulsion des navires dès que l’on a pu disposer de moteurs puissants et fiables; ceci s’est fait en moins de 10 ans!
d’ailleurs, ainsi que vous l’indiquiez dans votre chronique, les Allemands ont réalisé un système de ce genre il y a quelques années. Renseignez-vous sur le bilan que l’armateur en a tiré. Quelles économies ont été générées réellement? Ce système continue-t-il d’être exploité? A-t-il été étendu par l’armateur à d’autres navires de son armement? Il est probable que toutes ces questions recevront des réponses concluant à l’échec de ce genre de propulsion pour les grands navires ! 

Un autre point qu’Yves Parlier connait bien : la difficulté de manoeuvre de grandes voiles par vent soutenu. Avez-vous vu la difficulté d’envoyer et d’affaler les grands spinakers  de seulement 400 mètres carrés sur les voiliers qui courent la Whitbread, cette course autour du monde pour des voiliers de 25m? Imaginer que des marins qui ne sont pas des voileux puissent maitriser des voiles 10 à 1000 fois supérieures en taille relève de la poésie toute pure !

Ensuite votre démonstration piétine complètement la notion des ordres de grandeur nécessaires pour qu’un projet de ce genre fonctionne réellement. Un voilier - comme un First 38 pesant 6 tonnes - est équipé d’une grand voile et d’un génois qui ont une surface que j’arrondis à 100 mètres carrés pour faciliter les calculs. Par bon vent, force 5 (35 km/h environ) , de travers il avance à sept huit noeuds . Les navires tels les super tankers ou porte conteneurs marchent à 15 noeuds environ. La puissance nécessaire, en première approximation, est proportionnelle au déplacement puis à la puissance 2,5 de la vitesse. Il faudrait donc, toutes choses égales par ailleurs, mettre une voile dont la surface serait 100 multiplié par 60000/6 puis encore multiplié par (15/8) élevé à la puissance 2,5. Je vous épargne le calcul : ça amène à une surface dont je prends les 20%, puisque c’est cette proportion d’économies donc de puissance propulsive dont vous avez parlé, pour aboutir à l’ordre de grandeur de la surface de voile nécessaire 960 mille mètres carrés! Vous avez bien lu. C’est tout bonnement inimaginable et irréalisable.
 
En conclusion je crois que vous vous êtes laissée séduire par des documents que vous avez lu sans avoir songé à vérifier la faisabilité de ce qui était exposé et que vous avez repris sous votre plume leur donnant une audience qu’ils ne méritaient pas.
 

JPA

jeudi 22 octobre 2015

"Tout est dans la dose" !

Nombreuses sont les études dans la presse qui nous prennent en otage par la peur et nourissent notre complotisme.
Trions les vérités et les spéculations maladroites ?

Pesticides, perturbateurs endocriniens, ondes, radioactivité,... On voudrait vraiment nous tuer à petit feu par cupidité ? Doit-on un peu nuancer cela ?

Ou bien les doses sont-elles assez minimes pour n'avoir dans la plupart des cas que des conséquences très très négligeables vu les strictes limites fixées par les autorités sanitaires ? Pour un bénéfice collectif réel ? Bien sûr occasionnellement des industriels, souvent à l'import, doivent dépasser les normes.

Donc difficile pour le citoyen de s'y retrouver. Alors il écoute les plus alarmistes : les journalistes. Pas les scientifiques, qui sont forcément tous corrompus sous prétexte que l'industrie du tabac a inventé la fabrique du doute.

Et par exemple Greenpeace s'engouffre dans la brèche et ne manque pas à l'appel pour recruter des donateurs naïfs et idéalistes en jouant les "lanceurs d'alerte". Mais que valent scientifiquement leurs affirmations ?


Mais tout est dans la dose ! Demandons "Combien ?" !

Sachons déjà que sans précision rigoureuse du niveau relatif, un article comme celui ci dessus se décrédibilise. 

Avec les nouvelles techniques, on trouve de tout partout mais tellement faiblement que cela n'a souvent plus aucune incidence réelle. Au lieu de s'en réjouir, on frémit ! Pourtant, sans en avoir conscience, nous profitons chaque jour de l'abondance rendue possible par ces produits et leur bonne usage. Bien sûr les doses baissent encore quand des procédés vertueux sont découverts, mais nos taux n'ont rien à voir avec les niveaux des années 50 ! Qui le rappelle ?

Pour les cancers, il me semble que leur augmentation tient aussi beaucoup à la démographie, à l'amélioration de leur détection et aux surtraitements (exemple la prostate).

Quant à la critique du
"lobbying" des industriels (mot valise), cela cache souvent la non pertinence des arguments scientifiques.

1-Par exemple, il y a eu récemment un désaccord sur la dangerosité
des bisphenols  (dits "perturbateurs endocriniens"). Les experts
européens et américains (FDA) ont estimé qu'il n'y avait pas
péril en la demeure, les concentrations moyennes auxquelles
on est exposés étant suffisamment basses.

Or ce n'est pas l'avis de l'ANSES. On peut réfléchir à ce
débat, mais Le Monde s'est appuyé sur les accusations du
"lobby vert" à l'égard des experts européens pour insinuer
qu'ils avaient de graves conflits d'intérêt.


Pour mémoire deux références (parmi N) sur les perturbateurs endocriniens, communiquées par Le Monde) :

- la revue de littérature/expertise des académies des sciences européennes est ici :
http://www.easac.eu/fileadmin/Reports/Easac_15_ES_web_complete_01.pdf

- celle de l'Endocrine Society est lisible là :http://press.endocrine.org/doi/pdf/10.1210/er.2015-1093

Je pense que ce type de méthode est malhonnête : souvent, les
meilleurs experts en épidémiologie ont des rapports avec
l'industrie, et l'ANSES, ayant introduit des critères très stricts (suite au médiator), a mis en avant un peu facilement
des scientifiques peu expérimentés et facilement influencés par
les excès du précautionnisme ambiant. 

Quand on connait les chercheurs, on sait que leur recherche effrénée de financements les pousse souvent à mettre en exergue des micro-effets.

Et les désaccords et conflits entre commissions ? il suffit de voir les divergence entre l'ANSES et l'AFSEA...: il me semble qu'il est difficile que les perturbateurs endocriniens soient responsables de tant de crimes.

2-Un autre exemple est la manière dont (encore) Le Monde a repris sans
aucune relativisation une étude à charge sur l'influence du DDT sur les cancers du sein en Californie [discussion
difficile, je le reconnais, car elle touche à une bonne utilisation des statistiques].

Il y a beaucoup de papiers dans d'excellentes
revues qui donnent des résultats contradictoires, et les arguments
de la FDA ou de l'EFSA ("pas nécessaire de baisser en urgence les
seuils") ne semblent pas déraisonnables. Annoncer des catastrophes
sanitaires comme le fait Le Monde est irresponsable.

Qui conteste cette dérive inquiétante de la presse tentée par un certain sensationnalisme ?

En France, le courant rationaliste - opposé au relativisme incarné par le sociologue Bruno Latour - est principalement représenté par deux associations : l'Union rationaliste (UR) et l'Association française pour l'information scientifique (AFIS). 

Je crois que nous devons combattre ce relativisme à la Latour qui mine toute possibilité de progrès (scientifique, technique, industriel, de santé publique et économique) de notre pays. Notamment en sapant systématiquement les avis des experts.

Ce Latour a réduit les découvertes scientifiques à une bonne communication
des découvreurs, sans jamais se poser celui de la vérité scientifique

Prenons un peu de recul et relativisons. 

Si les alarmistes avaient tant raison, l'espérance de vie serait-elle en hausse si rapide comme l'INSEE le démontre ici ?
Les bouc émissaires faciles ont le défaut de nous exonérer un peu vite d'une remise en question plus générale de l'alimentation transformée et des nos excès réellement délétères (suralimentation en sucres, hydrates de carbone, sels, mauvais gras, cuit, psychotropes, sédentarité, stress, pessimisme et mauvaise humeur,...)









Pour autant, le conformisme visant à ne rien changer nous guette également.

Tout n'est pas à jeter dans les critiques. Le "tout productivité" est évidemment une dérive actuelle répandue. Le curseur n'est pas satisfaisant et ce ne sont pas les industriels qui conseilleront de réduire au mieux leurs produits, quitte à abaisser leur rentabilité.
Il y a aussi de la lutte de classe dans ce débat. Que les plus modestes soient parfois exposés aux épandages, cela émeut peu les décideurs nantis, peu inquiets pour leurs enfants. Pareillement pour les pays en développement où les industriels ont les mains plus libres que dans nos contrées : notre insuffisante action est-elle coupable ? On peut l'affirmer.

Donc non, l'effet de ces produits n'est pas massif, pour autant des dommages collatéraux peuvent se cacher dans ces généralités :

Pour en savoir plus:
Une vidéo pédagogique qui instruit à décharge:

Une analyse détaillée:


Plus généralement, écouter l'excellente émission sur France Culture : "Qu'est ce qu'un risque acceptable ?"

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/quest-ce-quun-risque-acceptable