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dimanche 28 octobre 2018

Trop de "rigorisme scientifique" ? Le paradigme Foucart, dérive moderne.


Que penser du nième article de Stephan Foucart ci dessous ?

https://mobile.lemonde.fr/idees/article/2018/10/27/en-matiere-de-sante-publique-le-rigorisme-scientifique-est-une-posture-dangereuse_5375460_3232.html

Sur le bio, il faut comprendre que de 
nombreux scientifiques cherchent à démontrer ses avantages. En France, 
c'est en particulier le cas de certaines personnes de l'INRA. Il semble 
que l'INRA est depuis assez longtemps très impliquée dans cette "fake 
research", et cette "normalisation" (à la Tchécoslovaque) est un long 
processus. Un exemple est la nomination de son dernier directeur, Philippe Mauguin, ex chef de cabinet du Ministre de l'agriculture Le Foll, qui n'avait aucune expérience de 
la recherche agronomique, tout X qu'il fût.
(Il en est de même de l'AG du CEA. En 
fait, ce sont des nominations politiques qui font bien peu de cas de 
l'expertise scientifique...)
Un autre aspect est que l'INRA 
ne fait AUCUNE recherche sur les OGM, et qu'ils ont développé une recherche sur "l'agroécologie" qui combine de manière opportune la prétention à rester dans l'agronomie tout en suivant la mode écolo. Le dernier avatar a été d'inviter José Bové à faire une conférence "scientifique".

L'article cité par Foucart fait l'objet de critiques que l'on trouve par 
exemple:

http://seppi.over-blog.com/2018/10/consommation-de-produits-biologiques-et-cancer.html

cet article est critiqué, et l'INRA avec:

http://seppi.over-blog.com/2018/10/alimentation-bio-et-25-de-cancers-science-a-objectif-socio-politique.html

https://jeanyvesnau.com/2018/10/22/cancers-et-aliments-biologiques-le-derangeant-communique-de-linstitut-de-la-recherche-agronomique/

Par exemple on trouve une critique des auteurs de cet article cité par 
Foucart:

http://seppi.over-blog.com/2018/10/produits-bio-joie-de-vivre-eclat-de-rire-et-coup-de-colere.html

Ce n'est pas le même article, mais ça montre de quel bois se chauffe
cette fine équipe...

On a aussi une étude britannique sur un beaucoup plus grand nombre de
personnes qui ne confirme absolument pas les résultats de l'INRA:

https://www.pourquoidocteur.fr/Mieux-Vivre/27257-Alimentation-bio-est-ce-reduit-vraiment-risque-cancers

l'article (en Anglais):
https://www.nature.com/articles/bjc2014148
dont la conclusion est explicite:

"In this large prospective study there was little or no decrease in the
incidence of cancer associated with consumption of organic food, except
possibly for non-Hodgkin lymphoma."

On ajoutera une critique d'un article médiatisé d'une autre équipe de
l'INRA, ce qui semble montrer que cet institut est dangereusement vérolé:

http://seppi.over-blog.com/2018/07/souris-cocktail-de-pesticides-et-obesite-encore-une-instrumentalisation-sociopolitique.html

Plus prosaiquement, j'ai tendance à penser que ce milieu de chercheurs ne 
sait pas séparer sérieux scientifique et idéologie. Ce pourrait être ce 
que "in fine" l'article de Foucart cité démontrerait. Un autre aspect est que ce type de recherche "appliquée" a besoin de financements, elle doit donc trouver des ressources là où il y en a. Comme pour les labos Allemands qui ne trouvent des ressources qu'auprès des financeurs 
écolos, et qui ne publient que sur les renouvelables, ces équipes de l'INRA ne peuvent survivre qu'en pondant ce genre d'étude.

Les papiers en discussion :

-le papier sur les effets des pesticides:
https://ehp.niehs.nih.gov/doi/10.1289/EHP2877

-le papier sur le cancer et alimentation bio:
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2707948

mardi 31 mai 2016

Les ondes et les statistiques : comment instrumentaliser un supposé effet, et non comparable sur l'Homme ?

Le lien vers la préétude qu'une certaine presse cherche à monter en polémique par intérêt et faute d'analyse rigoureuse...:

Report of Partial Findings from the National
Toxicology Program Carcinogenesis Studies of Cell
Phone Radiofrequency Radiation in Hsd: Sprague
Dawley® SD rats (Whole Body Exposures)
http://biorxiv.org/content/early/2016/05/26/055699

Justifier ses angoisses liées aux nouvelles technologies est un travail de chaque jour...

Dès qu'une nouvelle étude sort, même si les tests sur les animaux ne montrent pas, bien au contraire, de surmortalité malgré d'énormes doses absorbées, on crie haut et fort : "le mobile donne le cancer ! C'est prouvé !" ;-)

Explication:

Malgré la classification du CIRC en 2B, la notion d’un risque cancérogène associé aux champs électriques et magnétiques comme ceux des portables s’est jusqu’alors heurtée à l’absence d’éléments de preuves sérieuses issues de l’expérimentation et l’opinion s’est apaisée. Les résultats d ’une expérimentation ultime du National Toxicology Program (NTP) étaient cependant attendus. Ces résultats viennent de tomber et identifient un risque de cancer du cerveau et de schwanomes cardiaques chez l’animal exposé depuis sa conception. Ce n’est sans doute pas extrapolable directement mais nous ne savons pas quel mécanisme est en jeu. Il est vraisemblable que certains vont en tirer des conclusions fort angoissantes sur les champs en général !

Alors, quelle doses ? Sont-elles comparables ou plus fortes ici que celles reçues dans vie courante ?

Question importante dans la mesure où un effet thermique pourrait-être évoqué à l'origine des observations. Dans l'expérimentation la ''dose'' (SAR) est donnée en W/Kg : de 1,5 à 6 watts par kg, ce qui est comparable à la ''dose'' absorbée dans un volume de 10 g de tissus exposés au niveau de l'oreille d'un portable chez l'homme. Il s'agit cependant chez l'animal d'une exposition corps entier, ce qui n'est pas comparable.

Rapporté aux champs des antennes dans lesquels nous sommes environnés par exemple on est très au dessus. Il reste qu'à ce niveau d'exposition il n'a pas été observé d'effets thermiques mesurables. Si le rapport était validé la notion d'un mécanisme cancérogène inconnu serait envisagée, ainsi que la demande de précaution naturellement justifiée dans de multiples situations d'expositions aux champs électriques et magnétiques.

Sachons ne pas conclure trop vite...

La probabilité de découvrir un nouvel effet semble infime, à fortiori de démontrer un quelconque effet sur l'Homme. Disons le...

S'il existe, le risque cancérogène est extrêmement faible et ne pose pas de problème majeur de santé publique, c'est en substance la réponse du 2ème extrait de l'article de Microwaves du 31 mai.

6W/kg sur quelque chose qui est essentiellement de l'eau (un coeur), cela fait +5°C par heure si la chaleur n'est pas évacuée. Bien sûr elle est évacuée, 
mais cela représente un stress sur le système de régulation de tout le 
corps, et cela peut avoir à la longue un effet hormonal.

De toutes façons c'est un effet global sur le corps et pas local. Pour ce qui est du cerveau humain, qui évacue de 
l'ordre de 20 watt, cela veut dire que les 
quelques 0.1 watts auquel on expose notre cerveau avec un portable sont 
négligeables vis-à-vis de l'exposition à laquelle sont soumis ces rats..

Ce qui est en jeu, à mon avis, c'est la nécessité de trouver une explication plausible aux faits observés, s'ils résistent à l'analyse critique. On se trouve face à la licorne du jardin de Maddox, celle qui témoignait de la mémoire de l'eau pour l'éditeur de ''Nature''...

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Annexe : Détails

Contrairement à ce que certains commentaires ont essayé d'accréditer, cette étude ne permet aucune conclusion quant à l'exposition au portable (ou aux antennes relais) qui délivrent une exposition bien différente.

En effet, tout le corps des rats est exposé, de manière homogène alors que l'exposition au portable concerne essentiellement la tête, ce qui permet à la vascularisation de maintenir la température des zones les plus exposées à une valeur pratiquement normale.

D'autre part, la puissance du rayonnement pour une exposition de l'ensemble du corps était, selon les groupes de 90 rats, de 1,5 ; 3 et 6 W/kg (en alternance de 10 minutes allumé/éteint...) alors que la réglementation limite dans ce cas l'exposition humaine à 0,08 W/kg, soit respectivement 18, 37 et 75 fois plus !

L'exposition des rats peut en revanche être comparée à celle des antennes relais lesquelles entrainent également une exposition homogène de tout le corps, qui ne dépasse pas 0,00016 W/kg pour 97% des antennes, soit respectivement 9 375, 18 750 et 37 500 fois moins que les rats pendant les périodes d'exposition..L'hypothèse d'effets "thermiques", liés au seul échauffement des animaux exposés à de tels niveaux, doit donc impérativement être étudiée. 

Globalement, les résultats de cette étude préliminaire sont fort étonnants et en contradiction avec des nombreuses études animales antérieures. Ils auraient mérité vérification avant de les publier, au risque de créer des frayeurs infondées. En effet,

-        les rats non exposés vivent moins longtemps que les rats exposés (les auteurs ne précisent pas pourquoi) ce qui entraine normalement une incidence plus grande des cancers, que les auteurs ont tenté de corriger de manière peu convaincante par un artifice statistique ;

-        seuls les rats mâles présentent significativement plus de tumeurs, au plus haut niveau d’exposition (6 W/kg), sans explication ;

-        les rats ne semblent pas avoir été autopsiés en insu du groupe auquel ils appartenaient, ce qui peut entrainer un biais ;

-        des faux positifs (résultats dus au simple hasard) sont possibles au vu du très faible nombre de cas observés par groupe et du nombre de tests (qui n'est pas précisé mais semble important, notamment pour les schwannomes).