mardi 1 mars 2016

Pesticides : entre obsédés de la virginité et Monsanto, point de salut ?


Dans une démarche presque religieuse, Stephane Foucart du Monde poursuit son œuvre anxiogène de dénonciation sans nuance du monde contemporain.

Voir l'article ici (pour abonnés, disponible sur demande): http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2016/02/29/maudits-97_4873354_3244.html


En résumé :
Quand la nature n'est pas "vierge", elle mérite notre couroux...

Corporatiste en traitant de "haineuse la confraternité" de Libération (***) à l'encontre de Cash Investigation de France 2, notre zélé journaliste, stigmatise sans nuance toute tentative d'analyse critique au sein de la profession. Pourtant le ton de Libération est tout à fait respectueux. Alors, qu'est ce qui le dérange tant ?
Ces controverses scientifiques sont pourtant le cœur de la déontologie journalistique, et cette "haine" semble être celle qu'il porte dans sa véritable croisade contre les hérétiques (pourtant scientifiques, mais forcément tous complices des lobbies), ceux qui tentent en fait d'améliorer le sort de l'humanité, alors qu'une saine confrontation eut suffit.
Les jugements moraux ne devraient pas faire partie du vocabulaire de l'ex journal de référence.
En effet, culpabiliser ses confrères, n'est pas la plus belle manière de débattre sereinement sur le fond.

Quant à sa technique, elle est bien connue : si on cherche vraiment une molécule, on la trouve : les méthodes de dosage ont fait des progrès extraordinaires, et le nombre d'Avogadro (*) est bien grand (6 * 10^23 !).

Vient ensuite l'habituel couplet sur les "dangers des faibles doses".

Comme l'explique pourtant bien ici dans un autre domaine The Conversation (**), "Les perturbateurs endocriniens sont des milliers à des millions de fois moins oestrogéniques que le 17 beta-estradiol que synthétise notre organisme".

Idem pour les pesticides : les très faibles doses ont un bilan bénéfice / risque excellent si on n'abuse pas des doses. La profession s'y attèle. Et les efforts conjoints de toute la société humaine pour les limiter sont précieux. Bien sûr, les tendances à la facilité de l' industrie sont à surveiller sans relache. Donc enfonçons le clou sans mentir.

Mais, pour lui, il semble évident que les personnes du genre d'Elise Lucet ne sont pas "alarmistes", et on a simplement une "science obsolète"...

Toujours la manipulation des mêmes peurs, sans nuance.

Pour lui, " la communication de l’EFSA relève donc [...] de la supercherie"...
Simplement parce qu'elle ne peut quantifier ce qui n'est pas quantifiable.

Il accuse le Politique de renoncer à une "limite de détection qui peut être
jusqu’à cent fois inférieure à celle des méthodes actuelles multirésidu". Mais pourquoi dépenser des millions quand d'autres priorités priment ?

Reconnaissons-le. Notre société contemporaine perd son bon sens. Pourtant le merit order des investissements doit rester notre boussole. Ce n'est ni la croissance, ni la décroissance qu'il faut rechercher, mais l'efficience croissante. On n'en prend pas assez le chemin.

Conclusion 

Habité par les biais qu'il dénonce, S. Foucart voudrait que "Rien devienne quelque chose".

Voir aussi notre article :
"Désaccord avec Le Monde sur leur ligne éditoriale en matière d'information du public sur les sujets de société touchant aux sciences". http://presseantiscientifique.blogspot.com/2015/10/desaccord-avec-monde-sur-leur-ligne.html

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Ajouts le 4/03/2016: Des arguments supplémentaires essentiels sont parus ici :

http://imposteurs.over-blog.com/2016/03/pesticides-quand-france-2-intoxique-a-hautes-doses-par-jerome-quirant.html 

http://www.agriculture-environnement.fr/a-la-une/cash-trash-investigation-pesticides

dimanche 3 janvier 2016

La technologie électrique de l'internet via CPL (Linky) fait aussi peur que le téléphone en 1900...?

Pour une fois la presse est quasi unanime, saluons donc le peu de course à l'audience sur un sujet grand public.

Donc rassurons nos rares contemporains paradoxalement gagnés par la peur dans un monde occidental où les dangers ont presque disparu vu l'espérance de vie :

Les infimes ondes électriques "cplutilisées par le nouveau compteur Linky de ERDF pour échanger des données avec d'autres appareils électriques, évitant ainsi un mode "sans fil", existent mais ne sont absolument pas dangereuses. (Courants Porteurs en Ligne Cf. Wikipedia https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Courants_porteurs_en_ligne) 

Mais faute de culture scientifique, vu les progrès rapides de la révolution numérique, la rumeur urbaine se propage chez ceux qui soupçonnent les sachants de leur cacher quelque chose ou d'agir à la légère sans solide base scientifique.

En effet, ne pas saisir le sens véhiculé par la vertueuse prudence oratoire des affirmations scientifiques conduit à un contre-sens. 

Ce n'est pas parce qu'il est dit par la science que "les ondes sont possiblement cancérigènes" que cela confirme en rien la probabilité qu'elles le soient substanciellement, et surtout un niveau de dose actuel. L'humilité scientifique l'honore et assure sa crédibilité. Ne l'instrumentations pas. 

L'absence de loi de LSS (loi de linéarité sans seuil, admise aujourd'hui suite aux innombrables expérimentations, même si pas encore transctite dans les lois vu la défiance répendue des citoyens) nous rappelle que l'organisme gère proportionnellement bien mieux les faibles doses que les fortes.

D'évidence une partie grandissante de la population s'y interesse mais ne peut suivre avec rigueur l'actualité sanitaire du progrès technique. Elle surréagot donc. Et étant donné que les médias peinent à convaincre vu leur déontologie souvent démonétisée, la paranoïa ambiante fait le reste. 

Extrapolant un peu vite que "lobbies du tabac et laxisme de l'amiante" implique incurie probable des organismes sanitaires publics, beauvoup supposent que les lobbies font souvent la loi. 

Pourtant on a jamais été aussi précautionniste...!, quitte à ralentir l'innovation et multiplier le chômage actuel. Ceci vu les nombreux abus dans la normalisation contemporaine.

Car rappelons qu'en science : "Tout est dans la dose."

Or ces "ondes" sont beaucoup moins dangereuses que celle de nos mobiles, elles-même non délétères à doses courantes.

En effet [extrait sur internet] leur fréquence est beaucoup plus basse (sans être de la "basse fréquence" toutefois) : vers les 30 mhz au lieu 1000 mhz pour le gsm et 2400 mhz pour le wifi.

Et la puissance du gsm est beaucoup plus grande que le cpl ou le wifi : 2 W au lieu de 0,1 W

Citation:
"Quand un récepteur stéréo émet des ondes électromagnétiques avoisinant les 180 V/m à 30 cm de distance (selon l’OMS), les ondes émises par Linky à une distance de 50 cm à 1 m atteignent à peine les 0,4 V/m." (JOL)


Pour parvenir à produire une quelconque nocivité, il faudrait un facteur multiplicateur gigantesque. 

Même l'effet cocktail en est incapable et de loin. Mais l'autosuggestion est un puissant syndrome humain. Anecdote : Depuis que j'ai réalisé que m'a box wifi est là, j'ai des picotements dans les pieds !

Ce qu'on oublie un peu vite , c'est que depuis 200 millions d'années, notre ADN a tout à fait eu le temps de s'adapter à la nature. Rayonnements solaires, électricité statique, radioactivité naturelle, notre système immunitaire est le gardien de notre santé, sans lequel la mort serait très rapide. Il est même déprimé quand une trop faible quantité de rayonnement vient le frapper. (Effet hormesis). La planete ayant décru en radioactivité.

Rappelons que dans le courant électrique il y a deja des ondes alors si on y déploie du cpl ça ne change pas grand chose... Et pour remarque, le cpl est bien plus vieux que le wifi: 

la première application a été faite en 1950... Donc recul il y a déjà.

De toutes façons nous sommes dans un univers électromagnétique constant (radio, télécommandes, téléphones, télévision Sattelites etc..) et le seul moyen d'y couper ce serait de couper l'électricité... ou il faudrait vivre dans une cage de Faraday installée dans un bunker enterrer à plusieurs mètres (ou km) de profondeur pour se soustraire à tous les rayonnements cosmiques qui nous bombardent. 

Il faudrait aussi demander au Bon Dieu d'éteindre cette grosse lampe qu'on appelle "Soleil" et qui n'est pas le dernier à émettre des rayonnements en tous genres...

Le soleil émet des rayonnements sur à peu près toutes les fréquences, heureusement la plupart sont arrêtées par notre atmosphère, 
mais une partie de ceux qui arrivent au sol (UV par exemple) ont un effet dévastateur sur la peau bien plus énorme que tous les wifi et téléphones sans fil du monde.

Alors au lieu de prêter un quelconque crédit à des vidéos sur internet comme celle-ci http://youtu.be/-T7_b0fnc90 manifestement complotiste et manipulatoire, apprenons à raisonner en instruisant ces questions avec des sachants et fondons nos opinions sur des faits établis par les pairs, et non sur des intuitions sophistes ? 


En conclusion: citons notre article précédent sur les faibles doses radioactives :
http://presseantiscientifique.blogspot.com/2015/08/faibles-doses-radioactives-instiller-le.html

Comme le rappelle un de nos grands scientifiques :

"Même si on peut prétendre que 

« L’absence d’évidence n’implique pas l’évidence d’absence »,

on ne fait jamais de choix seulement sur des données absolues, mais uniquement sur des données probabilistes.

Ne pas observer un phénomène accroit de façon calculable la probabilité qu’il n’existe pas."

Quant aux autres questions relatives aux CPL comme la confidentialité ou l'ingérence dans notre liberté de consommer, elles paraissent, elles, pertinentes et méritent débat :

- nous inondons volontairement internet de données de notre vie privée. Comment se plaindre de leur collecte par un service public ? Pour autant, ERDF ne devra subir aucune faille dans le cryptage de ses données.

- si nous prônons le déploiement en masse d'énergies renouvelables intermittentes sans autoconsommation donc non matures car peu pilotables, il faut accepter de pénibles conséquences dans notre quotidien : des coupures et renchérissements dictés par le réseau au travers de ce cheval de Troie que constitue le compteur Linky. Ceci uniquement du fait du vote de la LTECV : la déplorable Loi pour la Transition Energétique pour la Croissance Verte qui fait miroiter prématurément 23% d'EnR en 2025 quand le solaire PV ne représente que 1% et l'éolien 4% (ENR: 13% au total actuellement de l'électricité). Cela ne nous parait pas vertueux car augmenter concomitamment le gaz en backup réduirait le niveaux actuel de 95% d'électricité décarbonée .

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ANNEXES: Quelques articles de presse :

http://www.jolpress.com/linky-faut-il-avoir-peur-du-compteur-intelligent-article-832259.html


http://24heuresactu.com/2015/12/18/les-compteurs-linky-cristallisent-toutes-les-paranoias/

Exemple de sondage non justifié :
https://www.change.org/p/ministre-de-l-%25C3%25A9cologie-du-d%25C3%25A9veloppement-durable-et-de-l-%25C3%25A9nergie-ministre-des-affaires-sociales-de-la-sant%25C3%25A9-et-des-droits-des-femmes-philippe-monloubou-pr%25C3%25A9sident-du-directoire-erdf-abandon-du-compteur-linky

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Quelques références sur le sujet des ondes :

Électro-hypersensibilité : L'association « Que Choisir ? » dénonce le jeu trouble des associations :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2397

Électrohypersensibilité - Désinformation et emballement médiatique autour d’une décision de justice
par Jean-Paul Krivine
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2543

Panique ondulatoire dans les médias
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article941

vendredi 20 novembre 2015

Améliorer ses capacités de lucidité critique : nous apprend-on à mieux penser ?

L'information accessible est abimée par l'absence de quete de sens.

Nombre d'articles se contentent de rediffuser sans aucune distance critique. Quand ce n'est pas après avoir effectué un tri soigneux entrainant un mensonge par omission.

Les mots sont le plus souvent détournés de leur sens véritable et asservis tel que Orwell nous en avait mis en garde. La société est comme un individu névrosé, décentré, qui souffre et se ment à lui-même.

Les biais cognitifs (*) font le reste et bien peu est fait pour faire respecter l'honneteté intellectuelle.

Nous aide-t-on à apprendre à penser ?
Bien peu.

Proposez vos idées pour progresser collectivement ? Par exemple :


Ethique de comportement dans mon quotidien de citoyen :

1 Je ne prends pas pour argent comptant une affirmation, un chiffre, j'instruis systématiquement à décharge. Le numérique me le permet désormais.

2 Je replace un fait dans sa globalité, quitte à réaliser que c'est l'inverse qui peut etre vrai. (pensée systémique)

3 Maintenant que j'ai acquis un peu de savoir, je garde à l'esprit que je sais peu. Je n'affirme pas mais je questionne. Mais mon humilité ne m'entraine pas pour autant à douter de tout, comme un complot généralisé. Je recherche la nuance hors de la pensée binaire occidentale et de l'hubris.

4 On ne parle jamais mieux inconsciemment que de ce qu'on est. Je m'attache donc à être congruent plutôt qu'à émettre des incantations envers le "nous devrions" et sur ce que je n'arrive pas à être moi-même.

5 Le budget de l'Etat est notre ressource commune, au coté du bénévolat. Son affectation doit être strictement proportionnelle aux mérites attendus, entre court et long terme, dans l'intéret général.

6 Tout est dans la dose : un danger peut paraitre dramatique et n'être en fait que négligeable. La peur ne doit plus me gouverner, et je dois hiérarchiser rigoureusement les réels périls et en déduire mes actes, guidé par la science.

7 Je règle mon optimisme en fonction des plus démunis plutôt qu'aux plus nantis. Je me donne les moyens d'obtenir ce que souhaite; ce que je ne peux changer je l'accepte. Et je renonce au contrôle excessif des événements. L'empathie me garde des excès

8 Ne pas choisir c'est aussi choisir. La vie suppose le changement, l'immobilisme entraine l'usure par "frottement" grandissant avec le réel. La paresse et l'ignorance conduisent à la souffrance.
La démocratie doit se définir des devoirs.

9 L'émancipation collective suppose l'assertivité individuelle.
Le stop and go politique empêchant l'efficience, un récit national doit nous permettre de vivre notre identité et fonder les conditions de soutenabilité de notre société.

10 L'amour reste la valeur centrale. Et l'irrationnel doit être respecté, avoir sa place comme composante humaine nécessaire. Sans compromettre l'émancipation en marche.

jeudi 12 novembre 2015

Pour faire de l'audience, le journaliste doit il publier sans instruire scientifiquement son sujet ? L'exemple du kite-surf...

http://www.franceinter.fr/emission-planete-environnement-le-vent-nouveau-carburant-du-trafic-maritime 



Nathalie Fontrel a vanté l’émergence dans certains esprits de contribuer à la propulsion des grands navires par des voiles de kite surf.

Ceci en apportant comme caution que le projet  "Beyond the sea" est  labellisé Cop 21, soutenu par l'Ademe et par le troisième transporteur maritime de la planète. 

Question : est-ce au journaliste de vérifier le caractère scientifique de ses publications en comparant une thèse auprès de ses contradicteurs ? 

Nous pensons que oui. 

Sinon:
- le greenwashing se répand
- le public croit pouvoir se passer des seules solutions qui fonctionnent et ne vote plus pour les politiques qui parvienne à sortir la France de la crise mais pour "ceux qui rasent gratis": les extremes politiques et vertes en général et les autres  peu courageux qui leur courent après.

Mais la tentation est trop grande de publier un joli conte, et tant pis si on décervele l'électeur hésitant et peu au fait des enjeux.


Réaction à la chronique concernant la possibilité d’équiper les navires marchands de voiles et de contribuer ainsi à réduire substantiellement leur consommation de produits pétrolier par un ingénieur du Génie Maritime :

Cette chronique contient plusieurs erreurs de première grandeur qui font conclure que ce genre de propos relève de l’utopie toute pure :

Un point de détail tout d’abord : vous faites référence à un voyage d’un tanker de 60 000 tonnes de Paris à New York ce qui n’a manifestement aucun sens. Je ne vois pas comment un tel navire pourrait descendre la Seine après avoir réussi l’exploit de la remonter. Vous auriez pu choisir le Havre pour rester concrète et dans le domaine du possible.

Ensuite - et c’est un point plus substantiel - les voiles et encore plus celles de type kite surf fonctionnent bien vent de travers, assez mal vent arrière, et pas du tout lorsqu’il faut remonter le vent. Sur le trajet Le Havre New York, qui était votre exemple, en prenant la route directe de l’orthodromie (c’est ce que font tous les navires pour minimiser la distance à parcourir ) on est assuré, statistiquement parlant, d’avoir des vents venant de face et donc inutilisables pour une voile de type kite. Je ne vois donc pas comment la consommation de carburant d’un tel navire peut être réduite de 20% de ce fait. 
la rencontre de vents contraires ou utilisables mais faibles fait qu’un qu’une propulsion à la voile est inutilisable si - et c’est le cas - on privilégie le temps de parcours et non pas d’aller - pour le parcours Le Havre New York que vous avez considéré - prendre la route des alizés où les voiles pourraient fonctionner. C’est la raison qui a fait que les navires à voiles ont été éliminés du mode de propulsion des navires dès que l’on a pu disposer de moteurs puissants et fiables; ceci s’est fait en moins de 10 ans!
d’ailleurs, ainsi que vous l’indiquiez dans votre chronique, les Allemands ont réalisé un système de ce genre il y a quelques années. Renseignez-vous sur le bilan que l’armateur en a tiré. Quelles économies ont été générées réellement? Ce système continue-t-il d’être exploité? A-t-il été étendu par l’armateur à d’autres navires de son armement? Il est probable que toutes ces questions recevront des réponses concluant à l’échec de ce genre de propulsion pour les grands navires ! 

Un autre point qu’Yves Parlier connait bien : la difficulté de manoeuvre de grandes voiles par vent soutenu. Avez-vous vu la difficulté d’envoyer et d’affaler les grands spinakers  de seulement 400 mètres carrés sur les voiliers qui courent la Whitbread, cette course autour du monde pour des voiliers de 25m? Imaginer que des marins qui ne sont pas des voileux puissent maitriser des voiles 10 à 1000 fois supérieures en taille relève de la poésie toute pure !

Ensuite votre démonstration piétine complètement la notion des ordres de grandeur nécessaires pour qu’un projet de ce genre fonctionne réellement. Un voilier - comme un First 38 pesant 6 tonnes - est équipé d’une grand voile et d’un génois qui ont une surface que j’arrondis à 100 mètres carrés pour faciliter les calculs. Par bon vent, force 5 (35 km/h environ) , de travers il avance à sept huit noeuds . Les navires tels les super tankers ou porte conteneurs marchent à 15 noeuds environ. La puissance nécessaire, en première approximation, est proportionnelle au déplacement puis à la puissance 2,5 de la vitesse. Il faudrait donc, toutes choses égales par ailleurs, mettre une voile dont la surface serait 100 multiplié par 60000/6 puis encore multiplié par (15/8) élevé à la puissance 2,5. Je vous épargne le calcul : ça amène à une surface dont je prends les 20%, puisque c’est cette proportion d’économies donc de puissance propulsive dont vous avez parlé, pour aboutir à l’ordre de grandeur de la surface de voile nécessaire 960 mille mètres carrés! Vous avez bien lu. C’est tout bonnement inimaginable et irréalisable.
 
En conclusion je crois que vous vous êtes laissée séduire par des documents que vous avez lu sans avoir songé à vérifier la faisabilité de ce qui était exposé et que vous avez repris sous votre plume leur donnant une audience qu’ils ne méritaient pas.
 

JPA

jeudi 22 octobre 2015

"Tout est dans la dose" !

Nombreuses sont les études dans la presse qui nous prennent en otage par la peur et nourissent notre complotisme.
Trions les vérités et les spéculations maladroites ?

Pesticides, perturbateurs endocriniens, ondes, radioactivité,... On voudrait vraiment nous tuer à petit feu par cupidité ? Doit-on un peu nuancer cela ?

Ou bien les doses sont-elles assez minimes pour n'avoir dans la plupart des cas que des conséquences très très négligeables vu les strictes limites fixées par les autorités sanitaires ? Pour un bénéfice collectif réel ? Bien sûr occasionnellement des industriels, souvent à l'import, doivent dépasser les normes.

Donc difficile pour le citoyen de s'y retrouver. Alors il écoute les plus alarmistes : les journalistes. Pas les scientifiques, qui sont forcément tous corrompus sous prétexte que l'industrie du tabac a inventé la fabrique du doute.

Et par exemple Greenpeace s'engouffre dans la brèche et ne manque pas à l'appel pour recruter des donateurs naïfs et idéalistes en jouant les "lanceurs d'alerte". Mais que valent scientifiquement leurs affirmations ?


Mais tout est dans la dose ! Demandons "Combien ?" !

Sachons déjà que sans précision rigoureuse du niveau relatif, un article comme celui ci dessus se décrédibilise. 

Avec les nouvelles techniques, on trouve de tout partout mais tellement faiblement que cela n'a souvent plus aucune incidence réelle. Au lieu de s'en réjouir, on frémit ! Pourtant, sans en avoir conscience, nous profitons chaque jour de l'abondance rendue possible par ces produits et leur bonne usage. Bien sûr les doses baissent encore quand des procédés vertueux sont découverts, mais nos taux n'ont rien à voir avec les niveaux des années 50 ! Qui le rappelle ?

Pour les cancers, il me semble que leur augmentation tient aussi beaucoup à la démographie, à l'amélioration de leur détection et aux surtraitements (exemple la prostate).

Quant à la critique du
"lobbying" des industriels (mot valise), cela cache souvent la non pertinence des arguments scientifiques.

1-Par exemple, il y a eu récemment un désaccord sur la dangerosité
des bisphenols  (dits "perturbateurs endocriniens"). Les experts
européens et américains (FDA) ont estimé qu'il n'y avait pas
péril en la demeure, les concentrations moyennes auxquelles
on est exposés étant suffisamment basses.

Or ce n'est pas l'avis de l'ANSES. On peut réfléchir à ce
débat, mais Le Monde s'est appuyé sur les accusations du
"lobby vert" à l'égard des experts européens pour insinuer
qu'ils avaient de graves conflits d'intérêt.


Pour mémoire deux références (parmi N) sur les perturbateurs endocriniens, communiquées par Le Monde) :

- la revue de littérature/expertise des académies des sciences européennes est ici :
http://www.easac.eu/fileadmin/Reports/Easac_15_ES_web_complete_01.pdf

- celle de l'Endocrine Society est lisible là :http://press.endocrine.org/doi/pdf/10.1210/er.2015-1093

Je pense que ce type de méthode est malhonnête : souvent, les
meilleurs experts en épidémiologie ont des rapports avec
l'industrie, et l'ANSES, ayant introduit des critères très stricts (suite au médiator), a mis en avant un peu facilement
des scientifiques peu expérimentés et facilement influencés par
les excès du précautionnisme ambiant. 

Quand on connait les chercheurs, on sait que leur recherche effrénée de financements les pousse souvent à mettre en exergue des micro-effets.

Et les désaccords et conflits entre commissions ? il suffit de voir les divergence entre l'ANSES et l'AFSEA...: il me semble qu'il est difficile que les perturbateurs endocriniens soient responsables de tant de crimes.

2-Un autre exemple est la manière dont (encore) Le Monde a repris sans
aucune relativisation une étude à charge sur l'influence du DDT sur les cancers du sein en Californie [discussion
difficile, je le reconnais, car elle touche à une bonne utilisation des statistiques].

Il y a beaucoup de papiers dans d'excellentes
revues qui donnent des résultats contradictoires, et les arguments
de la FDA ou de l'EFSA ("pas nécessaire de baisser en urgence les
seuils") ne semblent pas déraisonnables. Annoncer des catastrophes
sanitaires comme le fait Le Monde est irresponsable.

Qui conteste cette dérive inquiétante de la presse tentée par un certain sensationnalisme ?

En France, le courant rationaliste - opposé au relativisme incarné par le sociologue Bruno Latour - est principalement représenté par deux associations : l'Union rationaliste (UR) et l'Association française pour l'information scientifique (AFIS). 

Je crois que nous devons combattre ce relativisme à la Latour qui mine toute possibilité de progrès (scientifique, technique, industriel, de santé publique et économique) de notre pays. Notamment en sapant systématiquement les avis des experts.

Ce Latour a réduit les découvertes scientifiques à une bonne communication
des découvreurs, sans jamais se poser celui de la vérité scientifique

Prenons un peu de recul et relativisons. 

Si les alarmistes avaient tant raison, l'espérance de vie serait-elle en hausse si rapide comme l'INSEE le démontre ici ?
Les bouc émissaires faciles ont le défaut de nous exonérer un peu vite d'une remise en question plus générale de l'alimentation transformée et des nos excès réellement délétères (suralimentation en sucres, hydrates de carbone, sels, mauvais gras, cuit, psychotropes, sédentarité, stress, pessimisme et mauvaise humeur,...)









Pour autant, le conformisme visant à ne rien changer nous guette également.

Tout n'est pas à jeter dans les critiques. Le "tout productivité" est évidemment une dérive actuelle répandue. Le curseur n'est pas satisfaisant et ce ne sont pas les industriels qui conseilleront de réduire au mieux leurs produits, quitte à abaisser leur rentabilité.
Il y a aussi de la lutte de classe dans ce débat. Que les plus modestes soient parfois exposés aux épandages, cela émeut peu les décideurs nantis, peu inquiets pour leurs enfants. Pareillement pour les pays en développement où les industriels ont les mains plus libres que dans nos contrées : notre insuffisante action est-elle coupable ? On peut l'affirmer.

Donc non, l'effet de ces produits n'est pas massif, pour autant des dommages collatéraux peuvent se cacher dans ces généralités :

Pour en savoir plus:
Une vidéo pédagogique qui instruit à décharge:

Une analyse détaillée:


Plus généralement, écouter l'excellente émission sur France Culture : "Qu'est ce qu'un risque acceptable ?"

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conversation-scientifique/quest-ce-quun-risque-acceptable

mercredi 7 octobre 2015

Baisse du nombre d'abeilles: que nous dit en fait la science ?

Au premier abord , on ne peut qu'être convaincu que les insecticides tuent les insectes... Comme leur nom l'indiquent. Pourquoi chercher de combien puisque ça parait évident ? 



Mais a-t-on le droit d'avoir une opinion tant qu'on a pas questionné l'état de la science et son degré de probabilité de connaitre la réponse avec un minimum de précision ?
Et si tout dépendait de la dose ? Qu'en sait-on ?

Difficile sujet car il convoque fortement notre imaginaire; puisqu'on nous dit que, sans abeille, l'humanité disparaitrait en quelques années faute de pollinisation.

Mais est-ce être pro-lobby que de vouloir savoir la vérité ?

C'est ce que suggère cette pétition ? juste ennemi ou ami...

"Bayer: abandonnez les poursuites! | "SumOfUs http://action.sumofus.org/fr/a/bayer-bees-lawsuit-french/

Doit-on soutenir cette pétition ? L'Europe est-elle completement corrompue ? Doit-on virer les élites et mettre des dictateurs plus honnetes à la place, qui eux resoudront les problèmes sanitaires ? Ou mettre des citoyens tirés au sort pas vraiment plus honnetes, mais plus vite dupables car ils n'y connaissent rien à la gestion de la cité ?


Et si la réponse était : non ce n'est pas Bayer qui tue largement les abeiles... Serait-on humilié de le reconnaitre ?

L'honneteté intelectuelle doit nous guider. Qu'on soit pour ou contre l'industrie, ne soyons pas hypocrites. Nous profitons à chaque instant de sa productivité. Le tiers monde souffre et nous envie. Donc veillons à son meilleur encadrement possible, si ce n'est pas déjà le cas, mais gardons lui le bénéfice du doute et enquétons. Sans devenir naïf bien sûr.

En l'occurence la reponse à la question est plutot établie: non Bayer n'est pas le principal responsable de la baisse du nombre d'abeilles en Europe

Bien sûr chacun peut constater localement, occasionnellement, qu'un épandage excessif peut ponctuellement décimer une colonie d'abeille. Pour autant quel impact à grande échelle ?

Et si Bayer était un bouc émissaire qui en arrange certains ? Le mobile ? pour remettre en question sans nuance le modèle productif actuel. 
Ne pas creuser la question scientifique est confortable et permet d'attirer dans ses filets associatifs, électoraux et médiatiques tous les ecolos, bobos et indécis du pays.

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Voici une nuanciation tentant de modérer la tendance occidentale à la pensée binaire :

La diminution du nombre d'abeilles serait en fait multifactorielle.

Elle serait dûe selon la meilleure probabilité :

- aux aléas climatiques, 
- au frelon asiatique, 
- aux méthodes de traitement des maladies par les apiculteurs,
- aux champignons, bactéries, virus, induits par la monoculture
- à la disparition des haies qui affecte leur système immunitaire,

et en fait pas notablement aux insecticides. 

Sans ces cofacteurs, les insecticides bien utilisés passeraient presque inaperçus.

Je pense que ces articles ci dessous introduisent enfin de la nuance dans la réflexion :

Pour en savoir plus : 

http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/01/21/01030-20100121ARTFIG00504-l-alimentation-des-abeilles-impliquee-dans-leur-mortalite-.php




http://alerte-environnement.fr/2015/03/25/mortalite-des-abeilles-propagande-et-realite/



Alors agissons pour infléchir les conditions de vie des abeilles : 

- reconstituons des haies quand c'est possible, 

- corrigeons les variations saisonnières dans les statistiques en regardant les données sur une durée suffisante,

- diversifions les espèces végétales.

Et pour poursuivre l'analyse, exigeons une presse de qualité, se gardant du sensationalisme facile.

Bien sûr les insecticides sont à manipuler avec precaution. Mais gardons à l'esprit que l'Homme est en concurence avec la nature sauvage et que la confrontation doit être régulée, de façon naturelle quand c'est possible. 

La productivité agricole ne peut à ce jour se passer d'incecticides, sauf à laisser s'effondrer sa productivité. Impliquant un coût social proportionnel. Cette réalité nous déplaît et nous la refusons.

Pour l'avenir, espérons que le progrès fera progresser des alternatives. (Certains comptant sur les OGM.).

Alors continuons à mieux former les agriculteurs et reglementer l'usage des insecticides. Convertissons les espaces publics au bio quand c'est envisageable. Et limitons les insecticides pour les particuliers car ils peuvent avoir la main lourde.

Et surtout soutenons le développement de la profession d'apiculteur, service public insuffisamment reconnu et bien peu rentable. Défiscalisation, microcrédit et taux 0%, remplacement du sucre par du miel dans les cantines, introduction de label qualité pour plus d'équité à l'importation vers la France,...


Alors désormais adoptons le reflexe ? "Je m'interdis d'avoir une opinion, j'enquete à charge et à décharge avant de conclure" ?

Autres sources:

lundi 5 octobre 2015

"Fusion nucléaire : pourquoi je pense que Lockheed Martin" ...ne va pas réussir son pari, et quelques autres considérations

Réaction aux annonces de ce type dans les médias :
www.historionomie.com/archives/2015/03/17/31723672.html

Fundrising...
L'art de faire passer des messages d'espoir pour toucher des fonds de recherche...

Les médias en raffolent...
Une annonce, un démenti, deux informations à publier !
Aucune volonté déontologique de confronter les points de vue et de donner du sens.
Et peu importe si le discernement du public en est affecté ...

Critiquer cela ? Vous passez pour des rabats joie qui brandissent un irresponsable "ça ne marchera jamais !"

Exemple de réponse argumentée:

"Quand on se rend sur le site de Lookheed, pas un seul papier publié, par exemple sur le confinement magnétique envisagé, qui semble être la seule originalité. Sans révéler tous les secrets, il serait normal de pouvoir avoir accès à des résultats. Dans la description de la technologie, il est dit, à propos de neutrons produits lors de la réaction de fusion tritium+deutérium" : "These neutrons heat the reactor wall which, through conventional heat exchangers, can then be used to drive turbine generators", comme si la chose allait de soi. Mais des neutrons de 14 MeV ne se contentent pas de "heat the reactor wall", ils y déclenchent des réactions nucléaires qui dégradent les propriétés de la paroi, au point qu'une machine spéciale doit être construite pour étudier cette seule question, IFMIF. Celle-ci doit être précédée par une machine préparatoire IFMIF/EVEDA, produit d'une coopération France-Japon, en cours. 

Le design du champ magnétique d'ITER n'est peut-être pas optimal, d'autres géométries sont étudiées dans des machines appelées Stellarator (notamment en Allemagne). Mais tant que Lookheed ne dira rien de la question des matériaux, de la récupération de l'énergie et de l'hélium généré, on est encore loin de la perspective d'un réacteur - ne serait-ce qu'expérimental. 

Les physiciens de cette communauté ont la fâcheuse tendance à faire croire aux journalistes - qui le répercutent volontiers - qu'une fois le comportement du plasma maîtrisé, on a un réacteur. C'est de la poudre aux yeux"


Et ces exemples d'annonces sont réguliers...

Small-scale nuclear fusion may be a new energy source | EurekAlert! Science News - eurekalert.org/pub_releases/2…

Réponse: 
#FundRisingStrategy If I was oil industry, I would claim each morning not to invest on fission because fusion will arrive soon..

Ou bien probablement :

Actualité > Fusion nucléaire : un réacteur aneutronique comme alternative à Iter ? m.futura-sciences.com/magazines/matiere/infos/actu/d/fusion-fusion-nucleaire-reacteur-aneutronique-comme-alternative-iter-59508 

Fin

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Annexe :

Autre source d'information sur ITER : fiasco annoncé...