dimanche 13 septembre 2015

A l'intention des gens qui ont "envie de faire avancer le schmilblick" : faire la leçon aux journalistes...

A noter cet article de Jean-Marc Jancovici sur son site Manicore :

http://manicore.com/documentation/vade_mecum.html

Extrait :

Faire la leçon aux journalistes

"Quand la "grande" presse, celle qui édite les journaux ou magazines lus par des millions de personnes, ou qui produit les émissions d'information écoutées ou regardées par des millions de personnes, évoque une catégorie qui a de l'influence sur l'évolution de la société, elle mentionnera éventuellement la police, les juges, les politiques, les médecins, les automobilistes, les parents d'élève, les industriels, les américains, les chinois, les fumeurs (ou les non-fumeurs, c'est selon), les fonctionnaires, les publicitaires ou les chasseurs, mais la seule profession qu'elle oubliera généralement de mentionner dans l'inventaire est... celle des journalistes. Et ceci a une conséquence directe : rares sont mes interlocuteurs qui pensent spontanément à la presse quand il est question d'écrire à quelqu'un qui exerce le pouvoir.

Or le journaliste ou son rédacteur en chef qui décide, in fine, que des millions de français entendront parler de ceci et pas de cela, verront l'interview de truc et pas de machin, que tel argument sera repris et pas tel autre, que la conclusion sera celle-ci et pas une autre, dispose, en pratique, d'un pouvoir absolument considérable : celui de trier à votre place l'information qui vous sera servie, car l'essentiel du temps vous n'irez pas de vous-même à la pêche aux informations auprès des sources primaires.

En conséquence de quoi, sur l'essentiel des sujets de société (la tabagie, les transports en commun, le prix de l'essence, l'état de l'économie française, etc), l'immense majorité des électeurs ne saura jamais rien de plus que ce qui figure dans le journal (ou vu à la télé, ou entendu à la radio, c'est pareil). Même quand on croit piocher ailleurs (un livre, une conférence, ou... une conversation de bistrot !), il s'avère assez souvent que si l'on remonte un peu la chaine de l'information, on finit par trouver... le journal. Ce dernier a beau être la fin d'un téléphone arabe pour lequel vous ne connaissez ni le nombre d'intermédiaires, ni la fiabilité de chacun d'eux, c'est quand même de là que provient l'information sur laquelle tout un chacun se base pour prendre en compte l'essentiel des sujets de société.

Vous croyez que les politiques consultent de volumineux rapports avant de décider de plans donnés ? Leurs conseillers peut-être, mais eux non : ils n'ont tout simplement pas le temps. La presse joue donc un rôle central dans l'information des électeurs, mais aussi... des élus. En démocratie, les journalistes ont un effet de levier majeur sur la décision (ou l'absence de décision) politique. En disant cela je n'invente rien de neuf : De Tocqueville l'avait déjà pressenti en 1840 !

Evidemment, ce qui suit ne va pas concerner les journalistes qui restituent correctement les faits, et heureusement il en existe. Mais il arrive hélas trop souvent que la presse contribue à ce que le "débat public" se mette à traiter un problème imaginaire, ou très mal situé dans la hiérarchie des choses qui comptent vraiment. En pareil cas, il n'est pas exagéré de dire que cela peut conduire une société à sa propre ruine, ou du moins à des gros gros ennuis qu'elle aurait pu éviter. Quelques exemples ?

Une majorité de journalistes peut par exemple répéter à l'envi que le monde est bien assez vaste pour accueillir encore des décennies de croissance (c'est discutable, précisément pour des raisons physiques), et, si nous les écoutons, nous subirons des chocs bien plus violents que si nous acceptons dès maintenant que le monde est bien fini et que nous nous organisons en conséquence.

De même, il arrive très souvent à la presse de dire que nous avons 40 ans de pétrole (c'est faux au sens où nous croyons être tranquilles pour la même durée), et là aussi "ne rien faire" en prenant cette affirmation pour argent comptant amènera un affaiblissement rapide de la société qui serait évitable en prenant le taureau par les cornes.

Et, bien sûr, dans le domaine énergétique cette déformation dans la restitution de la réalité physique s'applique fréquemment au nucléaire, où il est rarissime que la presse fasse écho aux conclusions des médecins, qui est... que le nucléaire est la meilleure des formes de production d'électricité dans celles qui sont disponibles si nous ramenons les impacts sur l'environnement ou les hommes au kWh produit.

Enfin, quel que soit le sujet, quand un media consacre 2 pages (ou une heure) à raconter des choses fausses, et qu'il s'avère que c'est faux, jamais le même journal ne consacrera à nouveau 2 pages (ou une heure) à expliquer qu'il s'est trompé, et que voici ce qu'il en est vraiment. Le grand public reste donc avec la bêtise, jamais démentie, et vote (ou répond aux sondages) en conséquence.

Ce long préambule débouche sur une conclusion : dans tous les gens à qui ont peut écrire pour "faire quelque chose pour faire avancer le schmilblick", c'est à mon sens les journalistes qui sont prioritaires. Et là, il y a deux possibilités :
Vous pouvez avoir envie d'écrire à un(e) journaliste qui vous semble avoir basé son raisonnement sur des faits inexacts, inventés, confondant les ordres de grandeur, ou mal compris,
Mais vous pouvez aussi souhaiter écrire à un(e) journaliste qui sait justement hiérarchiser, ne pas confondre les militants et les labos de recherche, etc, pour lui proposer des faits ou des rapprochements de faits qui vont lui permettre de gagner du temps dans sa prise de hauteur de vue. N'oubliez pas que même au sein d'une rédaction il n'y a pas d'homogénéité, et donner des billes à ceux qui vous semblent se donner la peine de décrire le monde tel qu'il est avant de le décrire tel qu'il devrait être est utile pour les arbitrages internes.
Dans le premier cas de figure, il est clair que la barrière à franchir est plus élevée (personne n'aime se faire faire la leçon), mais à force de proposer un argumentaire construit pour expliquer que la vision du monde de votre interlocuteur ne correspond pas à l'observation des faits, et pourquoi, ou à force de suggérer une mise en perspective à laquelle il n'avait pas pensé, cela peut finir par avoir un effet réel sur sa manière de comprendre le sujet, et à ce moment vous aurez directement changé l'information disponible (pour le meilleur il faut espérer !) pour des centaines de milliers ou des millions d'électeurs. 

En pareil cas, le bon angle d'attaque n'est pas de reprocher des positions "sentimentales", mais de faire remarquer en quoi telle ou telle affirmation ne correspond pas aux données observables, lesquelles et obtenues comment. Comme souvent la conclusion de l'article ou du document audiovisuel concerné dépend du fait énoncé au début, cela remet de fait en question la conclusion qui en découle sans que vous ayez besoin de vous aventurer sur le terrain glissant des intentions.

Qui sont les bonnes cibles pour cela ? Rarement les journalistes de Closer et de Be, mais plutôt :
Les journalistes environnement des grands media,
Les journalistes société, économie, et plus rarement vie quotidienne, international, ou vie locale des grands media.
Eventuellement les rédacteurs en chef, directeurs de la rédaction, patrons d'unités de programme, et plus généralement des gens qui arbitrent l'espace accordé à chaque sujet ou la cohérence d'ensemble.
Je ne vous recommande pas de commencer par les journalistes politiques : à force de côtoyer les politiques en vue, ils leur ressemblent trop (du reste ils se font souvent la bise, voire sont mariés ensemble !). D'expérience, les journalistes politiques sont presque aussi peu sensibles aux argumentaires rationnels que les politiques eux-mêmes, et ce sont aussi ceux qui estiment avoir le moins à apprendre, puisque ce sont les "plus importants" des journalistes (ce qui se discute). Après, comme partout, il y a bien sûr quelques exceptions...

A quel moment écrire à un journaliste ? L'idéal est de partir d'un article récent, pour lui envoyer un commentaire apportant des réponses détaillées à ce que vous estimez être inexact ou mal mis en perspective. Encore une fois, plus votre critique se rapproche de la non prise en compte de faits scientifiquement documentés, et plus elle est solide et écoutée. Et si vous savez vous y prendre, au bout de quelques envois il est parfaitement possible que le dialogue s'engage (cela m'est arrivé plus d'une fois).

Comment trouver le mél d'un journaliste ? Plusieurs possibilités :
Vous avez déjà celui d'un autre journaliste du même media, et en général ils sont tous faits pareil,
L'encadré qui mentionne les dirigeants du journal (il y en a toujours un) donne ceux des chefs, et après il suffit d'utiliser la même syntaxe pour les méls des journalistes qui rédigent les articles,
Vous faites une recherche sur un moteur de recherche connu, pour voir si leur mél ne traîne nulle part sur un descriptif de colloque,
Et sinon voici quelques recettes utiles :
Dans les media de service public (France Television, Radio France, etc), les méls sont toujours du type prenom.nom@nom-de-domaine ; pour France Télévisions le nom de domaine est francetv.fr, pour Radio France radiofrance.com, pour France 24 france24.com, et sinon le nom de domaine correspond en général au site internet du média,
Pour les media privés, le nom de domaine est aussi celui du site internet (tf1.fr, bfmtv.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr, etc). Par contre pour la syntaxe du mél il y a plusieurs possibilités, qui sont le plus souvent l'une des 4 suivantes : prenom.nom@nom-de-domaine, première-lettre-du-prenom.nom@nom-de-domaine, nom-de-famille-tout-seul@nom-de-domaine, première-lettre-du-prénom-et-nom-collés-ensemble@nom-de-domaine. Pour les prénoms composés et les particules, soit on colle tout, soit on met des tirets, il faut tout essayer !
Essayez tout ! Et si vous avez un message d'erreur, c'est que ce n'était pas la bonne syntaxe, et il faut recommencer. Par contre, si vous n'avez ni message d'erreur ni réponse, c'est que le mél est bien arrivé... mais n'a pas été lu, ou que votre interlocuteur n'a pas souhaité y répondre, soit par manque de temps (mais il a bien assimilé ce que vous lui avez dit), soit par manque d'arguments. Mais comme, si il ne répond pas, vous ne savez justement pas pourquoi il ne répond pas, gardez vous d'en déduire que c'est nécessairement pour ceci ou cela !

Vous pouvez bien sûr mutualiser les envois (ca s'appelle un communiqué de presse) mais le plus efficace est de très loin d'écrire à une personne bien identifiée pour réagir sur un article ou un passage audiovisuel bien identifié. Dernier point : les journalistes reçoivent très peu de méls en direct fournissant un avis critique argumenté sur une de leurs productions. Le gros des commentaires reçus porte sur le fait d'avoir utilisé le mauvais terme pour qualifier les habitants de Bourg en Bresse, ou alors consiste en une insulte ou des félicitations sommaires. Donc si vous leur écrivez des choses argumentées, vous ne serez pas en concurrence avec 267 personnes qui auront fait pareil !"


mercredi 19 août 2015

Faibles doses radioactives : instiller le doute même sans motif légitime



Selon une chercheuse de l'INSERM, la règle de la RLSS (Relation Linéaire Sans Seuil) concernant les radiations radioactives serait bien trop optimiste. Nous serions tous en danger. 

C'est tout le contraire.
Cette règle est excessivement précautionneuse et date d'une époque où on ne pouvait encore officialiser l’innocuité des faibles doses.

Lien vers la publication réfutée dans le présent post :

Il y a beaucoup à dire sur cet article qui titre  : "Le risque des faibles doses de radiations doit être réévalué" paru dans Sciences et Avenir le 5 août 2015 et sur Mme Thébaud-Mony.
En effet, l'auteure n'est pas biologiste et son interview est parsemée de bêtises (comme les anomalies congénitales ou la fréquence des cancers post Tchernobyl)

C'est donc un article tendancieux, mêlant des assertions vraies ou fausses et présentant comme établies de simples hypothèses. 

Trois exemples :

  • Il n'y a pas l'ombre d'une preuve d'une relation "supra-linéaire" pour l'apparition  de cancer après exposition à de faibles doses.

  • Il peut y avoir des malformations radioinduites lors d'exposition du fœtus, mais on n'en a jamais mis en évidence après exposition des futurs parents eux-mêmes. 

  • Il n'y a pas de transmission de ces malformations à la descendance (des malformations radioinduites héréditaire ont été mises en évidence chez l'animal (seulement pour des fortes doses), jamais chez l'homme)

A contrario :

1) On dispose de données fiables en faveur d'un risque de cancer radioinduit proportionnellement plus faible (ou inexistant ?) pour des faibles doses (< 100 mSv) comparées aux fortes doses.

On sait pourquoi il en est ainsi : schématiquement, pour des lésions de l'ADN induites par de faibles doses, l'organisme privilégie l'absence de réparation ou l'apoptose, ce qui conduit à la mort cellulaire (donc les cellules lésées n'évoluent pas en cellules cancéreuses). 

Pour des doses fortes, la réparation de l'ADN est impérative pour préserver la fonction de l'organe exposé ; une cellule peut alors être mal réparée, avec une ou plusieurs mutations qui peuvent être une des étapes d'un processus aboutissant à une cellule cancéreuse. 

Pour les fortes doses, les autres mécanismes de défense (contrôle par le micro-environnement cellulaire ou par le système immunitaire) sont submergés et deviennent inefficaces. 

On voit donc que les tissus ne se défendent pas de la même manière contre des fortes et des faibles doses (d'ailleurs les gènes activés en réponse à l'irradiation sont différents), c'est pourquoi l'extrapolation linéaire des effets des fortes doses vers zéro, comme le fait la relation linéaire sans seuil, n'a pas de sens. 

2) les études épidémiologiques sur les irradiés d'Hiroshima-Nagasaki et sur les travailleurs du nucléaire (y compris la dernière étude INWORKS (1) ) ne montrent pas de risque de cancer significativement augmenté au dessous d'une exposition de 100 mSv. Les études sur l'enfant montrent peut-être des limites plus basses, (50 mSv) mais elles ne sont pas totalement convaincantes (par exemple, les études après scanner(s) à Rayons X  dans l'enfance ne tiennent pas compte des raisons pour lesquelles un scanner a été fait).

3) l'effet d'hormésis (protection contre les effets des rayonements ionisants par de petites doses d'exposition, genre Mithridate) a été clairement mis en évidence chez la souris dans l'analyse des publications disponibles faite par Duport en 2003 (étude sur 60 000 souris, 40% des séries expérimentales montrent un effet d'hormésis très net). 
Un mécanisme crédible a été trouvé par Portess en 2007 (Low-dose irradiation of nontransformed cells stimulate the selective removal of precancerous cells via intercellular induction of apoptosis). 
Enfin un effet d'hormésis est fréquent en toxicologie chimique ; ce n'est pas un fantasme de militant pro-nucléaire.

4) Contrairement à certains animaux de laboratoire, il n'y a pas encore de preuve formelle d'un effet d'hormésis dans l'espèce humaine mais seulement de très fortes présomptions. Vérifier si cet effet existe ou non chez l'homme, et surtout de quelle ampleur, nécessitera un effort de recherche biologique et épidémiologique considérable.
La complexité des cofacteurs rendra couteuse une étude scientifique rigoureuse et son retour sur investissement sera faible. Et ceux dont c'est le fond de commerce d'alerter excessivement sur les dangers des faibles doses auraient beaucoup à perdre si elle avait lieu (audience pour la presse, adhésions et subventions pour les ONG, développement des organismes de contrôle, parti politiques qui abusent de ces thèses pour se développer...).

Indice : On peut remarquer que, pour les travailleurs du nucléaire, le risque de cancer pour des personnes ayant été exposées à de faibles doses est nettement inférieur au risque spontané chez les non exposés ; il peut s'agir d'un "effet du travailleur sain", mais il serait inhabituellement important.


Source Wikipedia - https://fr.wikipedia.org/wiki/Horm%C3%A8se
L'hormesis est un phénomène bien connu et bien documenté, pas seulement pour la radioactivité, mais également sur le plan de la toxicité chimique : juste un tout petit peu de poison stimule utilement les mécanismes de défense. C'est une règle générale qui s'applique, entre autres, à la radioactivité.



Comme le rappel un de nos grand scientifique :

"Même si on peut prétendre que « L’absence d’évidence n’implique pas l’évidence d’absence »,
on ne fait jamais de choix seulement sur des données absolues, mais uniquement sur des données probabilistes.
Ne pas observer un phénomène accroit de façon calculable la probabilité qu’il n’existe pas."

Les biais cognitifs font le reste. Sans qu’on en ait conscience, on s’oriente vers les thèses qui nous satisfont intuitivement, qu’on a déjà retenu comme a priori, suite à l'influence du "marché cognitif".

 Or le saupoudrage des ressources financières de recherche et prévention pour encadrer le "rien" asphyxie les domaines grandement délétères où les besoins sont urgents (alimentation, tabac, illettrisme, carbone,...). Cette situation est nuisible et notre démocratie doit se ressaisir.
Le risque de ne pas agir où cela compte vraiment est souvent négligé, excessivement focalisés que nous sommes par de bien plus faibles risques.

Alors on peut se demander pourquoi Sciences et Avenir va chercher, pour parler des effets des faibles doses, une militante notoire qui, d'après PubMed, n'a jamais rien publié sur ce sujet.

Mme Thébaud-Mony se présente comme Directrice de recherche à l'INSERM, "spécialiste en santé publique", ce qui pour le lecteur non informé de Sciences et Avenir veut dire "compétente en médecine et en biologie", mais en réalité,  Wikipedia dixit  : Annie Thébaud-Mony est une sociologue française de la santé, connue pour ses recherches et son travail associatif sur les maladies professionnelles. 

Une visite sur les sites 
ou
est éclairante.

Le second lien donne sur sa page personnelle et ses "publications" qui sont à trois exceptions près des articles ou des livres militants, publiés comme des livres ordinaires et non dans des revues à comité de lecture. Trois exceptions donc :

1) Avec Walters D., Johnstone R., Frick K., Quinlan M. & Baril-Gingras G. (éd.)Regulating workplace risks. A comparative study of inspection regimes in times of change. Edward Elgar Publishing. 400 p.

2) A multidisciplinary network about occupational cancer in Paris suburb, Seine-Saint-Denis (France). First results of a pro-active research (avec le réseau SCOP 93), International journal of occupational and environnemental health, 2005, 11, 263-275.

3) Réparer les atteintes liées au travail ? Rapports sociaux, droits et pratiques institutionnelles, Sciences sociales et santé, 2003, 21(4), 105-113.

Le second est un ouvrage collectif (elle n'est pas citée dans le résumé) et le troisième est inconnu sur Pubmed...

Soit donc un article et demi selon les évaluations courantes.
Accéder au grade de Directeur de recherche à l'INSERM avec un tel dossier  est-il mérité ou le résultat d’équilibres politiques ? Chacun jugera.


Sciences et Avenir n'a rien des exigences d'une publication scientifique, c'est un organe de vulgarisation qui fait du scoop pour faire du tirage : l'angoisse fait vendre en particulier quand elle est vendue par un directeur de l'INSERM fort connu dans le métier. 

Mme Thébaud-Mony voit une véritable épidémie de cancers, régulièrement dénoncée dans diverses revues des sciences sociales où elle a accumulé une abondante production littéraire. Elle propose assez régulièrement, sans justification autre que sa foi partisane, des thèmes de recherche sur les cancers professionnels aux agences qui ont quelquefois la faiblesse de les financer ; il n'y a jamais eu la moindre démonstration scientifique des hypothèses qu'elle a formulées ni la moindre méthode acceptable pour en vérifier la plausibilité. Elle semble sincérement convaincue de la théorie du complot qui place les toxicologues académiques dans la classe de profiteurs d'intérêts inavoués, ce qui fait d'elle un interlocuteur écouté dans le monde des sciences sociales fort friand de ces gourmandises.



« Autre explication : sa directrice de la rédaction, semble être être elle-même une anti-nucléaire convaincue. La déontologie de la presse étant lente à progresser, les publications sont souvent influencées par les idéologies de leur rédaction, et pas toujours équilibrées par des avis opposés. »

Conclusion.

Un important travail reste à accomplir dans la presse (surtout scientifique) en matière déontologie. L'émulation et le dialogue rigoureux au sein de la profession permettra de progresser. On commence déjà à en apercevoir les signes (qualifation de l'info, fact checking, etc...).

____________________________
Sources : 

(1) Etude INWORKS :

Recherche : Premiers résultats de l’étude épidémiologique INWORKS sur le risque de leucémie chez les travailleurs de l’industrie nucléaire

 http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20150622_resultats-etude-epidemiologique-inworks-leucemies-travailleurs-nucleaire.aspx

Réponses :

Le risque de leucémie normal est 20 / 10000, et ici il serait passé à 21 /10000 pour les travailleurs. Vous appelez cela effet "dévastateur" ?

D'intéressant commentaires dans Nature : http://t.co/vfalfLtsOe 

L'étude prend uniquement en compte les doses professionnelles
alors que les doses médicales ont fortement varié et sont aujourd'hui supérieures à celles professionnelles, contrairement au début de la période étudiée...

Et rappelons les incertitudes non traitées sur le taux de mortalité de référence. Bref le résultat est bien plus incertain qu'annoncé par l'IRSN.

Le traitement de données rejette  celles non compatibles avec l'augmentation linéaire par l'élimination des 10 premières années...

(2) Soi disant confirmation de INWORKS le 20/10/2015:

"L'exposition prolongée aux rayons ionisants, même à faibles doses, augmente le risque de cancers dits solides, selon une étude menée sur des travailleurs du nucléaire."   http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/12564-Nucleaire-meme-de-faibles-doses-sont-dangereuses-pour-les-employes


Autres sources : 


Des sources attestent scientifiquement ces assertions.

Dans l’ordre anti chronologique :

a)      La théorie linéaire sans seuil est basée historiquement sur une dissimulation scientifique du Pr Hermann Muller
(Prix Nobel de Médecine 1946 pour avoir découvert les effets mutagènes des radiations) – Diffusé par Bruno Comby – AEPN - 2011

b)      NUCLEAR ENERGY AND HEALTH
and the Benefits of Low-Dose Radiation - Jerry Cuttler, Myron Pollycove - 2009
           ecolo.org/documents/docu… 

c)      HEALTH EFFECTS OF LOW LEVEL RADIATION
When will we acknowledge the reality?  Jerry M. Cuttler - 2006
ecolo.org/documents/docu…

d)     - Dose-effect relationships and estimation of the carcinogenic effects of low doses of ionizing radiation
[French National Academy of Medicine] March 6, 2005
e)      - EFFETS BIOLOGIQUES DES FAIBLES DOSES DE RAYONNEMENTS IONISANTS
(CONSEQUENCES DES RETOMBEES DE DE TCHERNOBYL  H. JOFFRE- 2002
ecolo.org/documents/docu…


<< Mythe, propagé par la plupart des médias, comme quoi les savants sont souvent irresponsables. >>

Commentaire : 

Le développement rapide de la science suscite une défiance faute de comprendre son fonctionnement.
Les scientifiques, le plus souvent habités par l'exigence de rigueur et de progrès, sont systématiquement soupçonnés de collusion et de malhonnêteté. Et ceci sans motif valable dans la majorité des cas (la pharmacie me semblant davantage concernée par les dérives que les autres industries vues les mannes financières.)

La dérive porte souvent sur l'incapacité à relativiser les dangers : En effet on ne dira jamais assez que tout est dans la dose. Mais bien peu s'en préoccupent et l'anxiété gagne, notamment avec l'effet nocébo. (rayonnements, ondes, perturbateurs endocriniens, ...). Cela ne signifie pas bien sûr qu'il ne faille pas des normes strictes et respectées.

En fait, il faut réaliser que l'absence de progrès technique est bien plus délétère que les très faibles impacts effectifs de ces progrès (cf l'augmentation rapide de l'espérance de vie). Le niveau de l'hygiène de vie, dans les pays développés, porte l'immense majorité des maux (tabac, produits psychotropes, surpoids ou sur-nutrition, épuisement, stress et sédentarité, névroses), l'individu cherche donc des boucs émissaires pour justifier ses difficultés.

Référence:
http://aepn.blogspot.com/2015/10/quand-la-radioactivite-n-pas-le-vrai.html

Presse et science : renonciliation possible ?


Qui n'a pas déploré la piètre qualité scientifique de la presse et des médias en général ?

Outre son modèle économique, les conflits d'intérêts ou les manques déontologiques, ces dérives seraient dues à la formation plutot littéraire des journalistes donc peu érudits en science et ses modes de raisonnement rationalistes.

Ce blog animé par un citoyen préoccupé par l'intérêt général sans conflit d'intérêt (travaillant dans les télécoms) cherchera à recenser les sujets d'étude sur ce thème, afin que chacun puisse librement forger son esprit critique avec des données contradictoires.

Rappel si besoin : Liberté d'expression suppose respect, droit de réponse et doute raisonable présent à chaque instant.